Archives de catégorie : Mes sentiments face au monde

Je suis fragile

Je ne pensais pas écrire ça un jour, mais j’ai besoin que vous le sachiez. Vous, les gens que j’aime ou que j’aimerai. Je n’en parlais pas, parce que j’avais peur de vous perdre, ou de ne pas vous rencontrer et avoir le temps de construire une belle histoire avec vous. Je suis fragile. Parfois même très fragile. Malgré l’image d’une femme forte et courageuse.

J’ai peur de vous perdre ou de ne pas avoir le temps de vous connaître car je sais que la fragilité fait peur ou fatigue. Je suis la personne que l’on veut taquiner et que parfois on fissure sans le faire exprès. On me secoue un peu, par complicité. Mais un jour, on me secoue un peu fort, et je suis abîmée. Si l’on a l’habitude de ça, on peut me briser et regretter. Personne n’a envie de prendre ce risque, alors les gens fuient. Et je me retrouve seule, éparpiller sur le sol, attendant que quelqu’un me recolle.

Une amie me disait il y a longtemps, qu’elle se sentait comme une poupée de porcelaine, au visage fissuré. Au fond, c’est ce que je suis. Et je ne pensais pas qu’un jour je m’en rendrai compte. Dans les relations amicales ou sentimentales, il arrive que des personnes aiment à se bousculer pour rigoler. L’amour un peu vache. Mais moi, ça me blesse. Du coup, j’ai l’impression qu’il est difficile de se sentir complice avec moi. Je ne sais pas et ne veux pas jouer à ce jeu. Je ne conçois pas l’affection par des lancers de piques. Mais du coup, je crains de passer pour une fille chiante.

Il faut être gentil avec moi. Et c’est pour ça qu’on ne m’entend jamais taquiner trop fort. Je montre toujours beaucoup de tendresse et de bienveillance. Si ce n’est pas le cas, on sait tout de suite que ça ne va pas. Il n’est pas difficile de me comprendre. Je suis transparente, et vous pouvez lire en moi comme dans un livre ouvert. Je ne sais pas faire semblant. Je suis simple et vraie, et quand je vous aime, je ne le fait jamais à moitié. Le revers de la médaille est ma fragilité. Je suis sensible, trop peut-être ? Émotive, là encore, un peu trop ?

Je n’ai pas envie de donner une autre image de moi, même si j’ai peur de vous faire fuir. Car je sais que vous ne voulez pas me faire de mal, mais que vous êtes maladroits. Mais je vous le dis, je suis fragile. Alors si vous voulez de moi, soyez toujours doux avec moi. Et je vous le rendrai par trois fois <3

Le gauchisme mental, cette maladie qui rend immortel

Si vous avez vu mon précédent compte-rendu – Dépression, plus envie, début de la fin – Vous savez donc que je suis dépressive. Bon, je crois l’avoir déjà dit plusieurs fois en fait, mais bref. Et si vous avez suivit les compte-rendus précédents, vous avez du constater que j’ai un attachement à la vie plus fort que ce que la maladie peut faire sur mon cerveau. Même à l’époque de mon anxio-dépression sévère, quand je me suis écroulée au sol en larme devant mes parents impuissants, et que je ne pouvais plus sortir du lit, je n’ai jamais pu me résigner malgré les pensées horribles et les cauchemars. J’ai une sorte d’entêtement à résister à l’appel de la mort. La mort, je ne l’aime pas vraiment. Je suis hédoniste assumée, à tendances dilettante, idéaliste et c’est peut-être ça qui me maintient en vie. En effet, quand on aime se faire plaisir et faire plaisir aux autres, quand on se souvient des plaisirs qu’on a déjà expérimenté, quand on a tendance à ne pas prendre trop au sérieux les idées de travail pour exister, faire des efforts tout le temps, jeune dynamique, tralalala, et qu’en plus on a tendance à croire en des valeurs progressistes plus que toutes ses obligations bien droitardes et tous ces principes qu’il faudrait suivre de façon bête et discipliné, sans se poser la moindre question, et bien je constate que l’esprit résiste. Ces caractéristiques psychologiques sont, je le crois, une sorte d’immunité contre les pulsions de mort. Bon, j’aimerais que ce soit aussi le vaccin contre les autres symptômes de la dépression, comme la fatigue chronique, la tendance à ne pas se sentir impliqué dans sa vie, etc…

Attention par droitard, j’entends l’extrême droite, les identitaires, les nationalistes, etc… Pas nécessairement des personnes qui ont des avis différents sur des idées économiques et financières qu’on qualifie de plus tôt à droite, mais qui ont pourtant des arguments forts intéressants et utiles. J’ai vu sur Twitter, des droitards parler de gauchisme mental contre plusieurs personnes qui dénonçaient des situations inacceptables comme la guerre, le racisme, les gens qui se tuent à la tâche, avalent de l’alcool, des antidépresseurs, fument, etc… parce qu’iels n’en peuvent plus, etc… Le droitard est un individu profondément égoïste et méchant, qui ne peut s’empêcher d’attendre des autres qu’iels meurent dans les pires souffrances pour satisfaire son petit confort personnel. Et tout ceci en vous racontant des mythes et légendes sur une France blanche, catholique, une terre chrétienne exclusivement, et des rois formidables et parfaits. Et donc pour elleux, nous souffrons d’une sorte de maladie que serait le gauchisme mental. Et bien cette soit disant maladie me sauve régulièrement la vie face à une autre maladie que ces individus nient, la dépression. Comme je l’ai dis au début, c’est justement mon goût pour le plaisir et le bien-être de moi-même mais aussi des autres qui vaccine mon esprit contre les pulsions de mort. Étrangement, je suis vegan. Étrangement, je suis contre la peine de mort. Étrangement, je souhaite profondément le bonheur des autres autant que le mien. Étrangement, je préfère qu’on trouve le moyen de loger, nourrir et soigner les migrants, et aussi dans la mesure du possible, régler les problèmes dans les pays en guerre, pour que leur vie redevienne plus stable et sécure. Bien sûr, il en est de même pour les SDF de tout origine. Etc… Remarquez comme tout ceci est plus tôt du côté de la vie, et contre la mort. La mienne mais aussi celle des autres, animaux non-humains inclus.  Si je m’autorise à rêver un monde plus juste, c’est pour mieux survivre et trouver la force d’y contribuer. On survit beaucoup moins quand on se renferme sur soi-même, hait les autres, tout en s’interdisant pas mal de choses car il suffit de voir la propension des droitards à mettre en avant les interdits religieux et n’utiliser leur liberté que pour vanter les soit disant mérites d’un monde fasciste, c’est à dire sans liberté pour personne. Je pense qu’il faut se dégouter soi-même pour être ainsi. Si tu ne t’aime pas, tu ne peux prétendre aimer les autres. Tout comme si tu ne t’aide pas, il en sera tout autant envers les autres. Au mieux, si tu veux aider, tu n’aideras pas, mais aggravera les choses, jusqu’au jour miraculeux où tu comprendras que tu ne voulais pas aider l’autre, mais juste te satisfaire d’une image illusoire de sauveux et compenser cette frustration que tu traine depuis des années.

La dépression me fait souffrir et ronge tout les jours mes projets, mes actes, mais elle ne parvient pas à me tuer. Car le gauchisme mental, ahahah, m’immunise contre le désir de mort 🙂

Tuer un animal inconscient de ce qui lui arrive et sans personne pour le pleurer

Si nous pouvions tuer un animal sans que ce dernier puisse se voir mourir, se sentir partir, connaître une douleur, et si cet animal n’est lié à aucun autre animal pouvant souffrir de son absence. Est-ce qu’il est acceptable de le tuer ? En d’autres termes, est-il dramatique, que cet animal décède ?

Je voudrais donner mon point de vue sur cette question posée à la 27ème minute d’une interview de Sebastien Arsac (L214) par Tinkerview que je partage ici.

Cette question est difficile, même si au premier abord, en raison de mes sentiments face à la mort et à fortiori la mort des autres que moi, je répondrais automatiquement que oui, c’est un drame. La difficulté est justement dans le fait que ce n’est pas quelque chose qui peut être résolu par ma sensibilité, car d’autres personnes ne la partagent pas nécessairement, et donc il serait difficile, voir impossible d’en tirer une base partageable avec tout le monde dans l’optique d’abolir cette mise à mort. Dans le cas où ce serait ce qu’il faudrait faire. Là encore, c’est aussi le sens de cette question. Faudrait-il s’opposer à cette mise à mort ?

Je considère la vie consciente comme la possibilité de ressentir des expériences. Toutes sortes d’expériences, que ce soit l’expérience perceptive, émotionnelle, intellectuelle, etc… Tant que je suis vivante et consciente, je peux expérimenter. Bien sûr mes expériences peuvent être positives comme négatives. La douleur, le chagrin, la perte de proches, la perte d’un membre de mon corps, la perte d’un sens,  etc… Ainsi, ce qui m’intéresse et m’accroche à la vie est la possibilité de vivre des expériences agréables, du plaisir, du bien-être, une sensation d’équilibre ou d’harmonie. La sensation d’état neutre, est tout aussi intéressante, car elle est au minimum l’absence de souffrance.

Si j’ai envie de donner mon point de vue sur cette question c’est parce que je suis dépressive. C’est une tendance en moi, une fragilité probablement génétique, on ne sait pas vraiment. Toujours est-il que j’ai connu une période de dépression sévère, avec anxiété généralisée. Le matin, je me réveillais avec une boule au ventre. Une boule douloureuse, comme si je devais passer l’examen le plus important de ma vie tout les jours, et qu’il ne fallait jamais le rater. L’anxiété était telle que je devais rester coucher au lit pour ne pas tomber, mes jambes affaiblit par la tension nerveuse liée à l’emballement de mon hypothalamus devenu dysfonctionnel. Est-ce que j’ai eu les fameuses pensées suicidaires ? Oui. Mais, quelque chose me maintenait en vie, et malgré mon énorme état de fatigue, ma perception du réel altérée, je refusais la mort.

Certes je pensais beaucoup à mes proches. Je ne pouvais pas accepter qu’uls souffrent. Mais, comme le sujet concerne un animal qui n’aurait aucune attache avec d’autres, ça ne nous avance à rien. Heureusement, je ne me fondais pas que sur ça. Je ne voulais pas perdre l’occasion d’aller mieux et de vivre de nouvelles expériences, réaliser des projets, des rêves. Est-ce qu’une vache à des projets ? Peut-être bien. En réalité, pour l’instant, nous n’en savons rien. Et c’est bien pour ça que les personnes qui balayent cette question du revers de main, n’ont pas plus raison que nous lorsqu’on pourrait affirmer que les vaches, moutons, poules, etc… ont des projets. D’ailleurs, je vais tout de suite tordre le cou à l’accusation d’anthropomorphisme. Puisque nous ne sommes pas ces animaux, et d’ailleurs puisque je ne peux pas être dans la tête d’unx autre humainx pour m’assurer qu’ul pense vraiment, je ne peux rien affirmer qui permette de justifier qu’on les tue, sans que cela soit un drame ou non.

Je sais que j’avais l’espoir de vivre une vie meilleure. De guérir de cette anxio-dépression sévère et de pouvoir envisager des changements dans ma vie. Je savais qu’il pouvait m’arriver n’importe quoi. Du bien comme du mal, mais que le bien que je pouvais vivre, ou l’enseignement que le mal pouvait m’apporter, étaient des raisons suffisantes pour choisir la vie. Alors, voilà comment je perçois la vie consciente. Comme des opportunités constantes d’expérimenter des sensations, des émotions, des idées, des rencontres, etc… Et même si un animal est orphelin, coupé d’autres animaux, si son environnement permet d’expérimenter des choses agréables, ça peut donc valoir le coup.

C’est d’ailleurs ce point fondamental qui permet de réfléchir aux questions sur l’avortement, la peine de mort, ou l’euthanasie. Pour la peine de mort, c’est plus compliqué, et du coup, je vais plus tôt parler des deux autres sujets. Dans ces sujets de réflexion, on se demande principalement ce que serait la vie d’un enfant naissant dans des conditions peu favorables. Il y a aussi d’autres éléments qui entrent en considération comme dans le cas où la naissance de l’enfant pourrait entraîner la mort de la mère, avec une incertitude sur la survie de l’enfant lui-même. Dans ce cas, préserver la vie de la mère, seule solution la plus sûre, serait la plus part du temps celle qu’on choisirait. Il y a des exceptions, mais je pense que vous comprenez la complexité du problème. Pour l’euthanasie, là aussi le sujet est complexe, mais en tout cas, on peut se demander si cela vaut encore la peine de maintenir en vie quelqu’un d’inconscient qui le restera, ou de conscient et souffrant sans espoir de guérison.

Ainsi, cette question de la mise à mort « propre » de l’animal doit prendre en compte toute la potentialité de cette vie. On prive à l’animal de vivre la seconde qui aurait pu suivre celle qui aura entraîné sa mort. On le prive d’un lendemain avec toutes ces expériences. Peut-être que cet animal avait déjà projeté mentalement cet instant futur qui ne sera pas. C’est l’espoir qui est arrêté. Et pourquoi ? Pour que nous puissions vivre une expérience gustative. Nous nous oublions souvent dans cette réflexion, paradoxalement. Parce que personne n’a le droit de nous priver de cet instant, en nous tuant avant qu’il arrive. Il y a un problème d’égalité du droit à continuer à jouir de sa vie. Un privilège que nous nous arrogeons sur des animaux qui ne peuvent pas échapper à nos plans, à nos systèmes bien huilés. Qu’uls soient conscientxs ou pas, nous par contre, nous le sommes. Qui va devoir porter la responsabilité de cette conscience ? Nous savons ce que nous faisons, et nous nous arrangeons avec ce réel. Nous nous bluffons, nous nous mentons. Voulons-nous nous mentir pour maintenir un privilège ? Alors qu’on peut simplement vivre et laisser vivre.

Les vegans veulent m’empêcher de manger ce que je veux

Dans un commentaire sur Youtube, sous une vidéo que je ne citerai pas, mais qui est d’un humoriste qui fait dans le badbuzz et l’oppression, j’ai vu ceci :

Mais vous êtes déçus de kwa ? qu’un mec ne soit pas d’accord avec le fait qu’on le force à manger d’une certaine façon ???????????

Pour résumer, le sujet ici est un type qui fait un sketch vidéo 100% anti-vegans et qui prétexte que ce serait contre les « extrémistes ». Comprenez les militantxs en fait. Cette vidéo contient des passages comme par exemple le moment où l’auteur dit qu’il est supérieur aux animaux, et il justifie qu’on les mange (qu’on les maltraite aussi ?) par cela. Très très drôle, n’est-ce pas ? Il y a aussi des passages explicitement racistes et psychophobes. Bref, voilà grossièrement pour le contexte. Et donc, d’après ce commentaire, il serait incompréhensible d’être déçu de cette vidéo, et le monsieur n’aurait fait que dire qu’il n’aime pas qu’on lui dise quoi manger et ne pas manger. Le truc classique, évidemment, les animaux étant réduits à des choses à manger ou exploiter, forcément le seul sujet valable serait donc la liberté de manger ce qu’on veut ou de porter des pantalons bleus ou des bermudas verts. Alors voici ce que je voulais répondre et que finalement je ne vais écrire qu’ici-même. Comme-ça au moins ça pourra être repartagé à chaque fois que quelqu’un parlera de la liberté du roi humain et omettra au passage la vraie victime, la personne animale non-humaine réduite à un machin.

En fait, on ne te force pas à manger comme-ci ou comme-ça, on défend des animaux qui eux ne peuvent absolument pas se défendre de votre incapacité totale à penser à quoi que ce soit d’autre que votre petit plaisir perso. Si on pouvais manger des chiens, et que tu n’étais pas d’accord, que tu estimais que là ça va trop loin et qu’il faut arrêter ça. Imagine une seconde qu’on t’insulte constamment, qu’on te traite de moralisatrice, qu’on détourne le sujet en te disant que tu empêche les gens de manger ce qu’ils veulent. Que tu répète que tu veux juste qu’on épargne les chiens, que tu insiste sur les chiens et leur souffrance, sur leur mise à mort, et qu’on te répète encore « Ahlala elle veut nous empêcher de manger ce qu’on veut. Elle veut nous priver de liberté. Extrémiste !!! ».

Dans sa vidéo, l’auteur dit texto, et le répète dans certains commentaires qu’il se considère comme supérieur aux autres animaux et c’est ce qui justifie ce qu’il leur fait subir. Ça ne te rappelle rien ? Certains passages font des raccourcis malhonnêtes et racistes. Là encore ça ne te rappelle toujours rien ? Il dit dans des commentaires qu’il ne s’est effectivement pas renseigné et s’en fout totalement. Tu crois sérieusement que c’est juste de l’humoooooouuuur.

A un moment, faut arrêter ton hypocrisie comme les autres. Tu trouveras peut-être que je suis l’exemple type de la vegan moralisatrice, blablabla, mais peut-être aussi que tu peux grandir et accepter qu’on te fasse remarquer certaines de tes failles et qu’on attend de toi que tu évolues. Pour le bien de la société, pas uniquement de toi seule au monde. C’est être adulte. Désolée si ça semble violent, mais c’est au contraire très gentil comparé à la merde sur la planète à cause de cette mentalité.

Voici pour le message que j’ai finalement réservé à cette note de blog. Ah oui, je n’indique pas de quel humoriste et vidéo je parle, parce qu’avec le nombre de personnes qui font le même genre de contenu, ce n’est pas utile de focaliser sur un d’entre eux pour faire passer ce message. Et puis, je préfère ne pas trop insister sur son badbuzz qui du coup fonctionne pas mal. Comme d’habitude…

Sophisme chez Aymeric Caron

Le 18 novembre 2017 dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2, un vif échange entre Aymeric Caron, Yann Moix et Christine Angot éclate à propos de très courts passages du livre Utopia XXI écrit par A. Caron. Dans cet article, je ne critique pas les livres de ce dernier, car je n’ai lu que « No Steak » que j’ai apprécié. Je me concentre ici sur des passages sur Internet et l’émission ONPC, en particulier celui du 18 novembre, car j’ai relevé du sophisme de sa part. Volontaire ou inconscient, je ne suis pas là pour le juger et faire sa psychanalyse.

La première partie du conflit concerne des précisions importantes sur la création de l’État d’Israël. Je ne suis pas compétente pour analyser ce passage, mais pour comprendre le contexte, je vous le partage. Déjà dans ce passage, on peut constater que Aymeric Caron ne tient pas les réflexions de Yann Moix en haute estime. Je ne saurais dire dans quelle mesure les deux hommes sont en désaccord, mais pour rappelle, ce n’est pas leur premier échange houleux dans l’émission. La première fois concernait le livre « Antispéciste » avec lequel Yann Moix se trouvait en désaccord, selon lui, à cause d’un postulat faux. Ce dernier niait littéralement l’appartenance des humains au règne animal, et fondait son argumentation sur du spécisme et sur l’idée que la littérature serait tout aussi pertinente pour expliquer le monde objectivement que la biologie ou d’autres sciences. S’il est vrai qu’on ne peut pas traiter la question de notre rapport aux autres espèces animales sans prendre en compte la culture, ce que faisait Yann Moix relevait plus tôt d’une déformation professionnelle. Ce dernier est écrivain avant tout, et ne semble pas particulièrement cultivé en matière de sciences. Depuis longtemps, il me donne l’impression de ramener trop souvent tout à son domaine, comme un besoin de mettre son métier sur un piédestal. Il n’y a pas que sur ce sujet qu’il semble avoir un intérêt qui déborde un peu trop sur le reste. Par exemple, les références trop nombreuses aux juifs ou à la Shoah. Cela donne un manque de remise en question frappant dans ses interventions et des discours qui finissent parfois par devenir totalement ridicules. Comme ces explications grotesques concernant la différence entre les humains et les autres animaux qui justifierait le spécisme et tout ce qui va avec.

Pour Aymeric Caron, il est assez clair que ce sujet est très sensible. Se retrouver face à quelqu’un aussi sûr de lui sur des positions aussi immondes et allant contre toutes démonstrations scientifiques, j’aurai personnellement eu du mal à ne pas devenir particulièrement agressive envers Y. Moix. D’autant que je suis une amazone… un peu qu’en-même :p Je comprends parfaitement cette colère de A. Caron. Mais, il y a des soucis dans son comportement sur Internet et dans l’émission du 18 novembre, qui me font m’en méfier de plus en plus. Il ne m’inspire plus confiance. Et ces quelques éléments qui vont suivre expliqueront assez bien j’espère ce qui m’inquiète chez lui.

J’appréciais beaucoup A. Caron pour son engagement envers les animaux, sa prise de position public à ce sujet, mais aussi ces autres valeurs progressistes. Suite à l’affaire Caroline Fourest et son procès, qui aurait menti devant l’intéressé, à l’époque chroniqueur dans « On n’est pas couché », ce dernier a reçu des attaques sur Internet de la part de partisans et partisanes de C. Fourest. Je suis allé voir le compte Facebook d’A. Caron et ai pu constater les insultes à son encontre, mais aussi son agressivité. Le contexte expliquait cette agressivité. Le ras le bol, le harcèlement subit, l’impossibilité de faire sereinement son travail de journaliste, tout cela permettait de comprendre sa réaction. Mais, j’étais mal à l’aise, car d’autres essayent de communiquer différemment, de ne pas répondre à toutes les attaques, tant dis que lui semblait ne rien vouloir laisser passer, même les trolls. Je n’ai pas plus prêter attention à son attitude en raison du contexte. Jusqu’à la vidéo de Las Vegan Parano.

Las Vegan Parano, un ex-vidéaste sur Youtube, a voulu faire une analyse critique du livre « Antispéciste » de Aymeric Caron, mais selon moi, il s’y est très mal pris. Il me semble, de mémoire, que ce fut la dernière vidéo de la chaîne avant que LVP décide de tout arrêter. Son analyse était un peu facile et semblait malintentionné envers l’auteur. C’est en tout cas l’impression que j’ai eu en la regardant. Aussitôt, Aymeric Caron décide de réagir et se montre très virulent à l’encontre de LVP. L’auteur montra un fort caractère que je ne lui connaissais pas. Mais, ce qui vraiment me faisait m’interroger, c’est pourquoi réagir à la vidéo d’un vidéaste sur Youtube qui n’est pas le plus influant et sachant que rien n’empêche quiconque de se faire sa propre opinion sur son livre ? J’étais très étonnée de voir comment la situation qui aurait du rester une critique isolée et pas du tout médiatisée devenait une affaire d’État pour Aymeric Caron. Une réaction de l’auteur qui mettait LVP sur le devant de la scène et donc lui faisait de la publicité. C’est vraiment étrange. Mais, ça ne s’est pas arrêté là, et c’est à ce moment que mon point de vue sur A. Caron a radicalement changé. Ce dernier décide de se créer rapidement un compte Youtube pour poster sa réaction à la vidéo sous forme de commentaire. Tout ce passe en public alors qu’il aurait pu préférer les messages privés. Peut-être qu’il a essayé, je n’ai pas d’information à ce sujet. Parmi les personnes qui ont commentéxs se trouvait Marie de la chaîne anciennement intitulée « La cosméthèque » et aujourd’hui « Réflexion faite ». Le commentaire était très court et disait « Le malaise à 21 mn 😀 😀 » avec un lien vers le passage de la vidéo qui lui suscitait ce sentiment. Plus tard, Marie expliquera que ce n’était pas envers Aymeric Caron, mais plus tôt la manière donc LVP présente un passage du livre. Mais, sur le moment, l’auteur du livre répond au commentaire de Marie avec un lien vers une de ces vidéos sur les poils et la liberté de se raser ou ne pas se raser des femmes, en réponse aux injonctions sexistes dans la société. Aymeric Caron ajoute au lien que c’est ça qui provoque le malaise chez lui. A cet instant, le sexisme de ce dernier apparaît clairement.

Commentaire problématique Aymeric Caron

Ce n’est pas un événement isolé, car durant la période de libération des paroles des femmes suite à l’affaire Weinstein, sur Twitter, A. Caron refait parler de lui en critiquant le spécisme du hashtag BalanceTonPorc sans parler du sujet principal, le harcèlement sexuel et la libération de la parole des femmes. Le contexte, la précipitation, le premier tweet de sa part sur ce sujet, orienté sur les porcs (même si je suis d’accord sur la critique), repose question sur son rapport au sexisme. Autre chose qui me gène beaucoup chez lui, c’est de quelle façon il a prétendu qu’il n’existait rien dans le programme de la France Insoumise pour les animaux et qu’il a  participer à l’image désastreuse du mouvement. Encore une fois, il se dit très bon journaliste, alors comment est-il passé à côté du programme et des livrets par thèmes ? Beaucoup ont commentéxs en le mentionnant pour lui montrer qu’il disait faux et qu’il y avait des livrets, mais j’ai constaté qu’il employait la même attitude et le même sophisme dans cette émission sur Internet.

Je ne voulais pas faire de cet article, un procès de Aymeric Caron. D’autant qu’à moins de voir mon article passer, il ne pourra peut-être pas répondre. Ce que je fais ici, c’est parler en fonction de mes ressentis. Il peut toujours y avoir malentendu, cependant, il serait bien de pouvoir faire remarquer à A. Caron des imprécisions, des maladresses, etc… de sa part sans se sentir agresséx par ce dernier. Mais, peut-être qu’il ne fait ça qu’avec des personnes qui ont fait preuve plusieurs fois, hors des regards, de malhonnêteté. Je ne sais pas.

J’arrive sur la deuxième partie de la chronique sur son livre « Utopia XXI ». Dans cette deuxième partie, Yann Moix relève un mot qu’il réfute. Le terme « terrorisme industriel » pour parler de la pollution et des actes problématiques des industriels. Il est a noter, il est vrai, que Yann Moix s’arrête trop souvent sur un détail du livre, et laisse entendre que tout le livre tourne autour de ces détails qu’il relève. Dans ce contexte, incluant ce qui s’est passé en première partie que j’ai partagé en haut de mon article, il est compréhensible que l’auteur ne soit pas très disposé à accueillir les paroles du chroniqueur. Mais, la tournure de sa défense pose tout de même questions, et malgré ce qu’on peut reprocher à Y. Moix, il y a de quoi lui donner raison sur ce qu’il fait remarquer. La définition de « terrorisme » est d’après Wikipédia « L’usage de la violence politique envers des innocents à des fins politiques, religieuses ou idéologiques ». Au premier abord, on peut penser que les industriels et les politiciens complices font preuve de violence envers des innocents et à dessein. Mais, peut on vraiment dire qu’il s’agisse de violence politique et à des fins politiques ou idéologiques ? Les fins sont principalement financières. Dans nos pays où on se réclame de la démocratie (on en pense ce qu’on veut), si les raisons étaient tout autre comme le pouvoir, il serait sûrement bien plus sûr de faire plaisir au peuple directement, sans faire miroiter d’idéologie du travail, de la réussite, etc… Mais, qui est susceptible de générer beaucoup d’argent et de payer cher pour produire une action allant contre l’intérêt général ? Les industriels et les banques. C’est donc avant tout l’argent qui intéresse les commanditaires et les complices, pas l’idéologie libéral ou capitaliste. De plus, Y. Moix fait remarquer que la population ne se sent pas terrorisé par ce système. A la limite, si on y ajoute le recourt à la police pour autre chose que garantir la paix aux citoyenxs, là oui on peut parler de terrorisme. D’ailleurs, on appelle cela le terrorisme d’État. Mais, sinon, ça n’a rien à voir avec ce que signifie le mot « terrorisme ».

Alors que le sujet abordé par Y. Moix est le problème de l’utilisation du mot « terrorisme » pour parler de la pollution, etc… Aymeric Caron commence un premier sophisme en considérant que la définition est une question de point de vue. Puis, il reprend la définition, de façon partiel comme je l’ai expliqué, pour dire finalement qu’on peut procéder ainsi pour faire dire ce qu’on veut défendre. C’est en tout cas comme cela que je comprends ce qu’il dit en réponse à Y. Moix. Là, ça commence fort dans la démagogie. Mais, il continue cette fois en réagissant sur le fond des idées qu’il défend, quand Y. Moix est toujours sur ce mot et sur pourquoi l’auteur ne peut pas faire honnêtement ce qu’il fait. Certes, j’aimerais aussi que les chroniqueurs de l’émission parlent surtout du fond et non de la forme. Mais, quoi qu’il en soit, tout le long de cet échange houleux, A. Caron réagit à ce qui n’est pas relevé par Y. Moix, comme-ci il ne comprenait pas le problème. C’est le deuxième sophisme. Il détourne le problème et laisse une impression que c’est Y. Moix qui défend l’indéfendable, c’est à dire la pollution et le reste. Si j’étais encore dans une sorte d’admiration pour l’auteur et le militant, je n’aurais peut-être pas remarqué ce sophisme et j’aurais pris parti en sa faveur, aveuglée par les apparences. Mais, Yann Moix avait bien raison, tout au moins de d’exprimer son désaccord, et la réaction de Aymeric Caron est critiquable. Et le sophisme ne s’arrête pas là. Comme une sorte de scène de théâtre, le ton de l’échange montant, l’auteur d' »Utopia XXI » tente de ridiculiser son interlocuteur. Il prétend connaître par cœur ce dernier, lui conférant une sorte de prévisibilité. Il n’y a plus de débat, le sophisme va continuer comme-ça jusqu’à la fin.

Arrive la comptabilité des morts, puis par la suite une énumération rapide de quelques sujets qui l’inquiètent mais inquiète aussi beaucoup de monde dans l’actualité politique actuelle. Si il faut en être conscientx et souhaiter un changement de mode de vie, cela ne valide pas l’utilisation du mot « terrorisme ». Alors bien entendu, on peut comprendre que A. Caron tente de recentrer le débat sur le fond du livre, et non ce détail sur une expression qu’il choisi d’utiliser. Mais, pourquoi ne pas reconnaître simplement que le mot est peut-être mal choisi, ou en tout cas qu’il y a désaccord sur le terme, pour passer à l’essentiel plus efficacement et sans ajouter de l’huile sur le feu ? Pourquoi cette posture de dominant et cette agressivité systématique ? Ce n’est pas la seule chose qui ne va pas à mes yeux dans cette intervention. Dans son énumération, il parle par exemple du glyphosate. Selon Aymeric Caron, qui pourtant se dit très bon journaliste, le glyphosate serait à l’origine d’épidémies de cancers. J’y ai cru aussi, mais maintenant je doute beaucoup à ce sujet et je m’étonne qu’il ne soit pas dans cette posture, lui qui est journaliste et écrit ce livre.

On peut critiquer l’utilisation du glyphosate ou les raisons de son invention pour toutes sortes de raisons, mais pas présenter la molécule comme fortement cancérogène à l’heure actuelle. Je dis fortement, parce que la façon dont les choses sont présentées depuis quelques temps à ce sujet donne l’impression que la molécule va entraîner ou entraîne déjà un scandale digne des pires scandales sanitaires comme l’amiante. Je ne vais pas débunker le sujet ici, mais vous laisser un lien qui permet d’apprécier le sujet avec beaucoup d’esprit critique : Glyphosate : le nouvel amiante ?

La façon dont cette énumération est présenter ressemble à un procédé basé sur les émotions et les peurs des gens. C’est le troisième ou quatrième sophisme si on sépare la comptabilité des morts en réponse à une critique qui n’aborde pas ce sujet. Le cinquième est la page de journal et A. Caron qui dit « A ça vous gène… » alors que son interlocuteur est parfaitement d’accord sur le fond et donc n’est pas du tout ce que le premier laisse imaginer à son sujet. A ce stade, on peut constater qu’il a réussi à « avoir raison » puisqu’il est applaudit par le public. La scène est sidérante. Y. Moix est excédé et ne sait plus se défendre face à un interlocuteur qui en remet une couche avec un air moqueur sur le comportement du chroniqueur. Vient le mot « génocide » qui a déjà été utilisé par plusieurs auteurs comme A. Caron, Matthieu Ricard, etc… pour parler de ce qu’on fait aux animaux. Qu’est-ce qu’un génocide ? Question que pose A. Caron à Y. Moix. Ce dernier tente une réponse et commence par une décision politique puis est coupé par le premier qui donnera sa définition tronquée du mot. Et pourtant, voici la définition selon Wikipédia encore : « Un crime qui consiste en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe ». On peut contester la limitation à un groupe national, une ethnie ou une religion, pour l’étendre aux autres animaux dans une réflexion antispéciste. Mais, il faut être précis sur l’utilisation de ce mot dans ce cadre. Il me semble qu’on peut envisager de l’utiliser pour parler de la destruction intentionnelle d’espèces sauvages (extinction de masse), mais seulement si il y a une intention claire, un projet. Je précise pour les animaux sauvages, car dans l’élevage, le but n’est pas d’empêcher les espèces de se reproduire, bien au contraire. La destruction non-intentionnelle, même si elle est inacceptable, ne répondrait pas à la définition. Si le but est de servir aux humains et si il y a une certaine objetisation des animaux dans l’élevage, on s’éloigne encore plus de la définition du mot « génocide ». Si dans ses livres, A. Caron parle d’une réflexion sur l’utilisation du mot et le changement de définition, alors c’est tout à fait intéressant, et c’est Y. Moix qui pourrait éventuellement avoir tort car cela voudrait dire qu’il refuse que les définitions changent au fil du temps et de la maturité de l’humanité. Par contre, si il s’agit de partir du principe que la définition du génocide est celle de A. Caron, alors c’est lui qui a tort. Dans ce dernier cas, il devient un idéologue qui frise le sophisme.

Bien sûr, je ne conteste pas la volonté de faire évoluer les définitions. Je constate souvent que dans certains cas c’est nécessaire. Mais, ce qui me fait penser que dans cet échange, l’auteur du livre pratique le sophisme et même une certaine agressivité et volonté d’humilier Y. Moix… Je ne cherche pas à défendre ce dernier comme-ci il n’était pas lui-même problématique. L’épisode avec Sandrine Rousseau en pleurs sur un sujet aussi grave que le harcèlement sexuel dans les coulisses de la politique en dit long. Mais, à démonter des procédés qu’on ne devrait plus accepter dans le progressisme (écologie, veganisme, etc…). Bref, ce qui me fait penser à du sophisme c’est la réduction à l’étymologie du mot « génocide ». Faire cela est totalement impertinent car le mot n’a pas été inventé pour parler des espèces. L’étymologie de gène est génos, en grecque, qui signifie effectivement « naissance », « genre » et « espèce ». Le mot fut inventé en 1944 par Raphael Lemkin, professeur de droit américain, pour désigner les crimes perpétrés par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman envers les arméniens durant la première guerre mondiale, et d’autres crimes de même nature par d’autres groupes comme les nazis par exemple. On ne peut donc pas se contenter de demander à décomposer le mot pour en tirer ce qu’on veut faire dire à ce dernier. Ce qu’on peut par contre faire, et je ne sais pas si Y. Moix est d’accord ou pas avec ça, mais ça me semble pertinent, comme je l’ai précédemment dit, c’est de proposer un débat pour redéfinir ce mot en faisant remarquer qu’effectivement l’étymologie le permet, et que si nous considérons les autres animaux comme des peuples, alors il serait envisageable de les intégrer dans la définition quand les conditions sont réunis.

C’est le problème de cet échange. Deux personnes aux idées radicalement différentes. Le premier est antispéciste et le second spéciste. Le premier est dans une posture se voulant progressiste, et l’autre donne un peu une image de littéraire très attaché à l’avis de l’académie française, à une langue qui n’évolue pas. Vous savez, comme ces personnes qui sont contre l’écriture inclusive. Mais, même si je suis plus tôt comme le premier, je comprends ce que fait remarquer le second. Tout le monde n’a pas fait cette démarche intellectuelle concernant l’évolution des termes. Si le terme est employé trop tôt sans vraiment faire preuve de pédagogie (engueulade, moquerie, condescendance, etc…) alors c’est un dialogue de sourds et un mauvais spectacle d’egos avec ici, un des deux, qui a besoin de se poser en dominant et tient plus du sophisme que d’une argumentation réellement positive pour véhiculer nos valeurs. Ce que je dis pour les mots c’est ce que dit Christine Angot à la fin, au sujet de la raisonnance des mots dans l’esprit de gens. Comme mettre un signe égal entre spécisme et racisme, ou élevage et esclavage. Le signe égal est impertinent et même problématique d’une part parce qu’il existe des différences non-négligeables, et qui n’ont rien à voir avec les argumentations spécistes comme « dire qu’on est un animal est une insulte donc du racisme quand on parle d’une personne de couleur », mais parce que la plus part des gens et notre histoire laisse entendre qu’on est en train de dire que les esclaves, et en particulier les noirxs, sont des animaux avec la vision spéciste et donc pour faire du racisme. Car les gens ne sont pas déconstruitxs et ne sont pas scandaliséxs pour les mêmes raisons que nous antispécistes. Sauf si A. Caron et d’autres ne l’ont pas compris, sinon faire semblant de ne pas comprendre comment sera perçu le propos dans le contexte actuel, c’est faire preuve d’instrumentalisation. Ce n’est pas ce genre de militantisme que je souhaite pour le progressisme en général. Le regard et la réponse de Aymeric Caron à Christine Angot fini d’achever l’explication sur mon ressentis actuel envers lui. Un dernier sophisme ? L’argument de l’homme de paille en tentant de se faire passer pour une sorte de détenteur de la vérité qui dérange avec sa phrase sur les gens qui ont tenté de changer le monde et qui ont toujours été rejetéxs. D’ailleurs, est-ce vrai ? Je laisse les historienxs répondre à cette question.

Petite mise à jour de cet article pour préciser que l’émission ait très critiquable. Il est tout à fait possible qu’il y est une volonté délibérée de discréditer Aymeric Caron par des procédés malhonnêtes. Peut-être sait-il des choses qu’on ne sait pas, mais encore une fois, il y a des manières plus subtiles de désamorcer cela. On peut répondre à Yann Moix qu’on comprends ce qu’il dit et qu’on en prends note. A partir de là, il n’a plus le choix, soit il passe au fond du livre, et donc les idées peuvent être discutées, exposées, soit il continue à focaliser sur ces termes et il serait, normalement, arrêté par Laurent Ruquier qui estimerait qu’il n’y a pas lieu d’en rajouter. A. Caron aurait pu arriver à quelque chose de proche de l’ambiance de l’émission Les Grandes Gueules de RMC. Un passage que je vous partage et dans lequel il me donne envie de découvrir son livre et je retrouve la personne que j’appréciais beaucoup avant. Je me trompe peut-être totalement sur lui, et c’est ce que j’espère, car je le trouve très bon dans ce qu’il fait en tant que journaliste et écrivain et aussi il est un des promoteur de l’antispecisme dans les media. Les animaux en ont besoin, et avec une proposition de société meilleure, nous en avons besoin aussi. De plus, l’erreur est humaine, personne n’est parfait, et donc pourvoir pointer là où ça coince, ça permet de s’améliorer et d’améliorer son militantisme. Et c’est pourquoi j’ai décidé d’en parler ici, et non garder cela pour moi.

Si vous n’êtes pas d’accord avec mon article, exprimez-vous dans les commentaires. Si vous relevez des erreurs de ma part, des imprécisions, ou des éléments complémentaires à mon analyse, n’hésitez pas à réagir 🙂

Seule face au devoir d’autonomie

Je vais vous parler un peu d’un gros problème qui pourri mes journée, et même ma vie à vrai dire, aujourd’hui. Avant ça, une petite précision concernant le compte-rendu de cette semaine du 13 au 19 novembre 2017. Je l’écrirai et le publierai lundi pour me laisser un peu avancer sur ce que j’ai fais cette semaine et aussi parce que je ne suis pas disposée à faire ça aujourd’hui. Aussi, je vais revenir à l’habitude de faire ça le samedi et me laisser le dimanche de repos et de légèreté 🙂

Enfin bref, ce que j’ai dis là est dans le sujet de cette article à vrai dire. Je suis incapable, ces derniers temps, de me coucher à une heure correcte par rapport à mes besoins physiologiques. Je vais essayer d’identifier précisément les facteurs qui sont à l’origine de ce problème et aussi rendre compte des conséquences. Ce que je ressens depuis quelques jours, c’est une très très grande fatigue physique et mentale. Actuellement, je vous écris en direct de mon lit, parce que la position assise est trop pénible et debout c’est pire. Je ressens régulièrement un très gros besoin de dormir à n’importe quelle heure de la journée. Je me lève très tard, en début et même milieu d’après-midi, complètement décalée et à peine j’ai mangé que je dois me recoucher.

Autant vous dire que mes jeux, mes dessins, mes vidéos, écrire ici, etc… ne sont plus que des tâches infaisables, comme-ci il fallait être des centaines dessus pour les faire. J’en suis à oublier des trucs, à ne même plus comprendre aussi bien qu’avant ce que je lis, ou ce qu’on me dit. D’ailleurs, je n’aime plus trop qu’on me parle, ça me rend agressive tellement je somnole ou que je suis perdu dans mes pensées. Je sens au fond de moi l’envie de créer mes jeux, faire des dessins, faire ou finir des vidéos en cours, etc… mais c’est comme une envie lointaine, perdu dans un océan de pensées sans actions possibles et de fatigue. J’ai juste besoin de vraiment dormir. Pas un sommeil pourri non-réparateur.

Ce qui se passe c’est que le soir, je n’arrive pas à décrocher d’Internet. Je regarde n’importe quoi sur Youtube, j’attends la prochaine notification sur Twitter et c’est à peu près tout. Quand je me mets qu’en-même sur un travail, par exemple en ce moment c’est le montage d’une vidéo sur mon Inktober. Et bien, j’ai du mal à me concentrer dessus sans être parasitée par des pensées tous azimuts et une impression de manque d’énergie important. Mais je reste devant Internet jusqu’à 1h30, 2h00, et hier soir 3h00 du matin. Et ce que je regarde m’ennuie en plus. Je n’ai même pas envie de regarder passivement des trucs. Je ne comprends même pas pourquoi je fais ça. Alors je me dis, bon aller va te coucher maintenant. Et c’est à ce moment que je sens ce qui se passe en moi.

Je ressens l’impression que se coucher c’est perdre son temps. Que c’est ennuyeux, et j’appréhende un manque très désagréable. L’impression que je vais m’ennuyer plus encore et que ça se ressentira comme une douleur dans mon être. La peur de se coucher et de ne rien faire. Je crains le coucher. Pourtant là, je suis au lit et ça me soulage, mais alors que j’aurais du faire un gros dodo ou au moins une sieste, et bien non, j’ai regardé Internet encore et encore. Parce que je n’arrive pas à accepter de dormir et donc de ne pas profiter du temps que j’ai dans ma vie pour faire quelque chose et finir ce que j’ai commencer. Et finalement, ce n’est pas la peur de dormir que j’ai. J’ai peur de ne pas avoir assez vécu et de mourir sans avoir réussi quoi que ce soit.

Je vis chez mes parents, et j’ai 34 ans. je voulais partir depuis très longtemps et j’ai toujours échoué à le faire. Les problèmes de logement en France et mon incapacité à accepter un emploi me rendent incapable de partir. Ma vie se résume à une chambre et Internet. Je ne peux même pas transitionner pour vivre mon identité féminine sereinement et je dois cacher ma transidentité. J’ai du mal à donner des détails sur ma vie réelle, parce que ça a tendance à nourrir mes tendances dépressives et chatouiller l’ombre du suicide. J’ai certes un attachement à la vie importante, comme disait le psychiatre que je voyais, une grande force intérieure. Mais, être face à la réalité de ma vie qui file devant moi sans jamais réussir à dépasser suffisamment cet état de spectatrice impuissante me fais apercevoir pas très loin le désespoir accompagné de la grande faucheuse. Je devrais en faire un dessin.

Du coup, devant mon impuissance, l’énergie qu’il faut consommer pour sortir de ma situation et l’absence de ressources psychologique pour le faire, je n’ai plus que l’addiction à Internet. C’est un peu mon alcool ou ma drogue. Ce truc qui pendant ce temps là m’évite de trop penser à ça. Parce que j’ai essayé d’échafauder des plans, des stratégies, mais aujourd’hui, j’en suis toujours au même point. La vérité est que je suis incapable seule de me sortir de ma situation. Il va falloir que quelqu’un se dévoue à venir me chercher et arrêter de tenir ce discours habituel laissant croire qu’on peut se tirer de sa situation seule. C’est peut-être vrai pour des gens, mais pas pour tout le monde. Il y a des gens qui seront sûrement toujours dépendantxs des autres. Il faut s’y faire. Pourquoi tant de gens boivent, ou fument des pétards, ou passent leur temps dans le virtuel ? Pourquoi il y a toujours plus de pauvres (en plus des conditions politiques lamentables) qui ne montent pas socialement ? Pourquoi les sectes font toujours autant fortune ou voient leur nombre d’adeptes augmenter ? Vivre séparéxs les un des autres, attendant que chacunx se démerde seulx. Alors même qu’il est si facile aujourd’hui d’avoir de la télé, de l’Internet, de la pub, de la malbouffe, de l’alcool, etc… à disposition pour s’enfoncer et aggraver notre cas. Et en plus on croit presque touxs que nous choisissons librement et que donc nous sommes forcément responsable de notre situation. Tout ça est faux.

Bref, je devrais me coucher plus tôt et limiter ma consommation d’Internet. Mais, devoir c’est une chose, ce qui m’aiderait ce serait de pouvoir. Est-ce que je peux ? Seulement si le b.a.ba des besoins psychologiques sont satisfaits. Et ce n’est pas la cas. Je voudrais tant finir cet article en disant, aller je vais encore me relever et je finirai par me coucher tôt, je vais limiter vraiment Internet dans ma vie et ça ira mieux. Mais, même si je vais sûrement le (re)faire encore et encore, je vais aussi m’effondrer et tenter de ne pas craquer de ma solitude et mon incapacité à trouver un lieu pour vivre ma vraie vie, encore et encore. Et réécrire un jour la même chose, attendant vainement que quelqu’un me propose une coloc sympa à très bas loyer pour une RSAiste ou même un lieu marginal. Et de préférence safe pour une femme transgenre lesbienne et gauchiste. Et vegan parce que ce n’est pas un caprice, mais une nécessité psychologique. Au risque de tomber un jour sur un prédateur et ou une communauté malveillante qui profitera de ma faiblesse pour le bien du gourou. Et malgré mon scepticisme, ma rationalité et mon athéisme, je ne verrai pas le piège et tomberai dedans. Faute d’aide.

Je parle de moi là, mais en vrai, ce que je décris, et la critique implicite de la société que j’expose, concerne presque tout le monde. C’est pour ça aussi qu’on peine à se tendre la main. Moi aussi j’aimerais tendre la main à d’autres qui en ont autant besoin que moi. C’est un système de souffrance qui tourne sur lui-même. L’ouroboros d’une société déconnectée. C’est paradoxal pour une société avec Internet. Je vis dans le paradoxe, parce que je suis accro à Internet, donc à quelque chose qui connecte, parce que je ne peux plus me connecter à ma vie réelle. En fait, c’est surtout logique. Je cherche dans le virtuel ce que je n’ai pas dans le réel. Combien sommes-nous dans ce cas là ? Toi qui me lis, tu t’y retrouve n’est-ce pas ? C’est aussi pour ça que des couples se forment et cassent trop vite, ou se maintiennent dans la douleur. Parce qu’au fond, il vaut mieux ça que d’être seulx. Il vaut mieux ça que de galérer seulx à se trouver un logement stable ou à le payer. Et pareil pour les amis. Combien ont des relations amicales malsaines ? Pourtant, alors que d’autres nous auront dit qu’il fallait arrêter d’être maltraitéx et bien on ne rompt pas. On ne s’attache pas seulement aux personnes, mais aussi à des bons moments qu’on aimerait reproduire, mais qui ne le peuvent pas toujours. Parce que quand ça va ou allait bien, ce n’était pas comme maintenant. Alors pour d’autres, il y a une divinité ou une communauté pour remplacer ce qui manque. La même chose, encore.

Il y a tellement de connexions à faire sur presque tout les sujets de la société quand on parle de la frustration humaine vis à vis de sa propre vie. Mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. en espérant encore… Espérant encore… Espérer… que quelque chose me semble vraiment possible pour changer mon environnement et enfin me sentir bien dans MA vie.

La stigmatisation des pauvres et « chômeux » – Partie 1 – Les discours politiques

Que ce soit dans les discours politiques, dans les discussions de repas de familles, ou entre ami.e.s, dans certains média, on peut entendre s’exprimer le rejet et la culpabilisation des pauvres, travailleux ou non, et plus encore des personnes qu’on qualifie de « chômeuses ». Plus que des discours blessants, la réalité des personnes précarisées est d’une violence inouïe. Cela malgré nos moyens humains et techniques.

Avant de commencer cet article, j’apporte une explication sur l’emploi du X à la fin de certains mots comme chômeux, par exemple. Il s’agit d’une proposition de neutralité de genre pour inclure à la fois les personnes s’identifiant plus tôt au féminin ou plus tôt au masculin, et aussi les personnes neutres ou fluctuantes dans leur genre.

Les discours politiques.

Le discours anti-pauvres et plus encore anti-chômeux n’est pas nouveau. On aura probablement tou.te.x.s entendu ce genre d’idée selon laquelle si les gens sont pauvres, c’est parce qu’iels ne travaillent pas, ou encore que les gens seraient peu ou pas motivés à travailler parce qu’il y aurait trop d’assistanat. Tant que ce discours restait épisodique et peu répandu, ce n’était pas bien grave. Mais, lorsqu’il se répand et se répète trop souvent, alors il produit un sentiment de malêtre pouvant malheureusement conduire au suicide parmi les personnes visées. Mais ce n’est pas tout, plus il est partagé, plus il participe à ouvrir des portes à des idées et actes politiques pouvant toucher tout le monde, à l’exception des riches.

Aujourd’hui, le simple propos tenu sans réfléchir de manière anecdotique est devenu une haine prenant des formes idéologiques. Les conséquences se manifestent à la fois sous forme d’attaques de structures sociales, de réformes des minima-sociaux jusqu’à des promesses électorales prônant presque leur disparition. On peut entendre que ne pas travailler assez serait la cause des problèmes de la nation, ce qui ne touche plus seulement les personnes qu’on qualifie de « chômeuse », mais bien toutes les personnes en âge de travailler. Et je dis en âge, même ce principe d’âge légal du travail est remis en question par moment, comme on a pu le voir durant le débat sur la loi El Khomeri.

Durant la campagne présidentielle 2017, on a pu constater qu’à part quelques candidats de gauche, comme le NPA, La France Insoumise ou autres, le sujet de la pauvreté ou du chômage n’a été abordé que pour monter les personnes les uns contre les autres et imposer la vision des « parasites » qui volent l’argent des « plus méritants » à cause d’un système d’assistanat. Les facteurs fondateurs de cette tendance sont la répétition de la croyance selon laquelle les caisses de l’État seraient vides, un chômage de masse qui augmente sans jamais trouver de solution, ou encore une redistribution des richesses totalement inégalitaire et qui ne revient pas aux travailleux.

Les conséquences de cette vision de la société se retrouvent non pas seulement dans la vie personnelle des personnes stigmatisées, mais dans le reste de la société par les choix des électeurices. Les parties ou idées politiques qui surfent épisodiquement ou régulièrement dessus proviennent de la droite dure, et de l’extrême droite. Si les discours de l’extrême droite donnent parfois l’illusion de s’inquiéter du sort des travailleux, ce n’est pas vraiment le cas des personnes qu’on considère comme ne travaillant pas, que ce soit vrai ou pas. Ce qui divise les pauvres en deux catégories, celleux qui travaillent et intéresse la droite de la droite, et celleux qui profiteraient des aides et qu’on doit détester parce qu’iels seraient une des causes de tout les maux. Mais ce n’est pas tout, un autre effet pervers de cette vision est qu’elle entretien l’idée selon laquelle le travail vous libère, le travail vous rend plus fort, le travail vous fait exister. J’en parlerais dans un autre article. Le travail peut tuer ou rendre malade, pas seulement lorsqu’on « en manque ». Les guillemets ne sont pas un hasard, et le prochaine article éclaircira cette utilisation en traitant du langage.

Sources :
– Le Point.fr : En France, le discours anti-pauvres se banalise

Bientôt, l’épisode 2 de No Comment…

Image qui sera utilisée pour la miniature de l'épisode 2 de No Comment...
Image qui sera utilisée pour la miniature de l’épisode 2 de No Comment…

Les images en face cam de l’épisode 2 de No Comment… sont tournées. Il me reste à chercher des images pour illustrer mon propos et ajouter des précisions dans ce que je dis, puis monter tout ça. C’est pour bientôt 🙂

Je parlerais brièvement de l’origine des oppressions humaines. Un message qui renseigne sur la piste principale permettant de comprendre la malédiction humaine et quelle voie pour s’en sortir 🙂

Individu de « race »… colorée ?

Le 18 octobre 2016, une alerte enlèvement a était diffusé pour retrouver une petite fille enlevée par son père dans l’Isère. Cette diffusion a provoquer des réactions en raison d’une formulation problématique. La description de l’homme contenait le terme « individu de race noire ». Choquée, j’ai voulu écrire là-dessus.

Le 18 octobre au soir, alors que je regardais le film Pompéi de Paul W.S. Anderson, une alerte enlèvement s’est affichée au bas de l’écran. En lisant l’alerte, j’ai remarqué un terme que je croyais appartenir au passé, ou éventuellement aux séries policières américaines. La description de l’auteur de l’enlèvement indiquait un individu de race noire. Il faut bien se rappeler, et c’était indiqué dans le message, que ce message provient du ministère de l’intérieur et a été relayé le plus rapidement possible par les média pour des questions d’efficacité. Le problème avec une telle erreur est qu’elle se répand avec peu ou pas de vérification, puisqu’il y a urgence, des personnes en danger potentiel, mais aussi que cela ne vient pas de n’importe qui. Mais, quel est le problème au juste ? Pour moi et pour d’autres personnes c’est évident, mais pas pour tout le monde, car l’information n’est pas forcément connu de tous.

Les races humaines n’existent pas, et si elles existaient, elles n’auraient pas de rapport avec la couleur de la peau. Ainsi, le problème n’est pas le mot « noire », car il aurait été tout aussi choquant d’écrire « race blanche » dans un tel message. Le problème est bien de laisser penser que le principe des races chez les humains a encore une réalité scientifique. Car en réalité, si à partir du 17ème siècle, une certaine science, plus politique que réellement scientifique poussait une hiérarchisation du vivant allant jusqu’à donner des valeurs aux individus en fonction de leurs origines géographiques et de leur morphologie, les sciences modernes ont démontré que tout ceci n’a finalement aucun sens.

Le racisme n’est pas directement la haine des autres, mais une idéologie se fondant sur l’idée qu’il existe des races chez l’être humain et qu’il y aurait une hiérarchie entre elles. Si cela n’est pas directement une haine des autres, c’est pourtant un bon terreau pour cette dernière et pour que subsiste des oppressions entre les êtres humains. La pensée raciste qui n’est pas limitée à la couleur de peau est très ancienne et se retrouve dans plusieurs cultures du monde. Durant l’antiquité, les peuples se distinguaient entre eux par la couleur des cheveux et des yeux, autant que par la peau, et associaient ces caractéristiques physiques aux tempérament des uns et des autres. C’est l’occasion pour moi de préciser que lorsqu’on prétend que la blondeur des cheveux est un signe de moindre intelligence, ou encore qu’on déclare ne pas aimer les roux, il est bien question de racisme.

Si le racisme aux allures scientifiques fit son apparition en Europe à partir du 17ème et 18ème siècle, avec le médecin et philosophe français, François Bernier, le naturaliste suédois, Carl Von Linné, le médecin, anthropologue et biologiste allemand, Johann Friedrich Blumenbach, c’est avec la colonisation qu’il devient le pilier d’une vision du monde encore aujourd’hui ancrée dans notre culture occidentale. Vision du monde qui justifiait ce colonialisme, mais qui aura, au milieu du 20ème siècle, permis le nazisme, et non pas la théorie de l’évolution de Charles Darwin, ni même le surhomme de Nietzsche. D’ailleurs ces deux personnages célèbres étaient opposés au racisme.

Les sciences modernes nous ont appris que dans l’espèce humaine, il n’y avait pas de race. La génétique par exemple nous montre que les différences entre les groupes humains sont très faibles comparé à d’autres espèces animales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, la notion de race s’applique à une partie du règne animal, et je dis bien une partie et j’expliquerais pourquoi après 🙂 Chez l’être humain, les différences comme la couleur de peau, de grandes jambes, etc… entre deux personnes représentent un ratio de 1/1000 de leur ADN et ceci peu importe d’où iels viennent sur la planète. D’ailleurs, ces différences génétiques ne proviennent pas d’une absence de tel ou tel gène. Pour parler de race, il faut qu’il y a des gènes propres à un groupe d’individu dans une espèce. D’autres disciplines scientifiques renforce le non-sens des races humaines, et c’est en expliquant pourquoi cela existe dans une partie du règne animal que je vais en donner un autre exemple.

En biologie, la notion de race n’a finalement de sens que dans l’élevage. Ce sont les animaux sélectionnés volontairement au fil du temps qui développent des gènes spécifiques. Ce phénomène ne se retrouve pas chez les animaux sauvages et quand il y a des différences notables, on parle de taxons et au-delà on parle de sous-espèce ou de populations. On peut donc dire que si les races existent, elles ont été inventé par les éleveurs. En quelques sortes, ce qui est une pratique maintenant soutenu par le specisme est ce qui permettrait la matérialisation de ce qui manque au racisme pour devenir valide. En effet, pour qu’il y ait des races humaines, il faudrait donc pratiquer la sélection artificielle des gènes, à la manière de ce qui se fait dans l’élevage. Ainsi, pour se justifier, le racisme a besoin de l’eugénisme, car c’est bien de ça qu’il s’agirait. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus pour comprendre la porter d’erreurs comme « individu de race noire » dans un message du ministère de l’intérieur, de « race blanche » dans la bouche de personnalités politiques, ou encore de notion de races humaines dans les discours d’intervenants médiatiques.

 

Cause animale et communication électoraliste #1 – Jean-Luc Mélenchon et les poissons

J’ai récemment écris un article sur ce blog à propos d’une intervention télévisée de Jean-Luc Mélenchon à l’occasion de la campagne électorale pour 2017. Ce qui avait attiré mon attention était entre autres la question de la constituante et du changement de système politique, du nucléaire, mais aussi la sortie des protéines animales. Et bien, j’ai envie de parler de la cause animale et de la communication électoraliste qui surfe sur ce thème.

Pendant longtemps, la cause animale n’était pas ce qui préoccupait beaucoup les politicien.e.s dans leur campagne électorale. D’ailleurs, que ce soit en politique ou dans les média, ce sujet était même soit totalement mis de côté, soit carrément moqué. Les seuls mouvements et partis politiques qui avaient un peu plus d’intérêt pour cette question étaient principalement écologistes, ce qui explique que les vegans sont souvent vu comme des écologistes avant tout autres idées politiques, fussent-ils de gauche ou de droite, voir d’extrême droite. Oui, des vegans d’extrême droite, moi aussi ça me choque, mais ça existe pourtant bel et bien 🙁

Depuis quelques temps, on assiste à l’apparition de propositions politiques de plus en plus en faveur des « animaux » et d’une réduction des protéines animales. Quand on est abolitionniste comme moi, on peut avoir envie de s’en réjouir et même de se remettre à voter, quand on est aussi abstentionniste, comme je le disais dans mon autre article. Mais, justement faut-il réellement se réjouir de cette communication ? Est-ce une communication sincère ou juste une manœuvre électoraliste ? Et surtout, est-ce qu’il s’agit là bel et bien d’éveil à la reconnaissance du specisme et une remise en question profonde de nos conceptions culturelles ou est-ce finalement du pur welfarisme ? Et bien, je vais essayer de faire une toute petite analyse de quelques informations glanées sur Internet, en essayant de faire un peu le tour des candidats qui communiquent là-dessus.

Pour les personnes qui me lisent et qui ne seraient pas coutumier.e.s du terme « welfarisme », en voici une explication. Dans la cause animale, le welfarisme devrait être le fait de tout faire pour le bien-être des animaux. Mais, ce terme est plus tôt utilisé pour désigner le fait d’améliorer le sort des animaux sans pour autant remettre en question ce même sort qu’on leur réserve. Cela passe par un discours amoindrissant la question de la cause animale, réduisant le sujet à ce qui dérange l’opinion public concernant le traitement des animaux et par des actions permettant de toujours exploiter les animaux à la manière de marchandises dont on reconnaitrait tout de même la sensibilité. A l’origine, le terme welfarisme vient des économistes et est une critique de l’État Providence qui, dans le capitalisme, apporterait des avantages très relatives aux travailleurs et travailleuses sans remettre en cause le productivisme et la compétitivité, ni même l’exploitation des classes laborieuses en elle-même. Ainsi, ces avantages donnent l’illusion d’un mieux être aux masses qui donc finissent pas ne plus réclamer mieux alors même qu’ils en auraient tout à fait le droit.

Ceci étant dit, voyons voir ce qu’il en est sur la question animale dans la campagne électorale pour la présidence de la république française. Je vais commencer par Jean-Luc Mélenchon et son mouvement « la France insoumise » puisque je m’étais interrogée dernièrement à son sujet. Dans l’émission « On n’est pas couché », le candidat du Front de Gauche avait terminé sa liste des 10 actions concrètes une fois élu, par la sortie des protéines animales. Contrairement à la plus part des personnalités politiques, on a pu le voir, déjà bien avant la campagne de 2017 dans des émissions d’une toute autre nature que l’émission de Laurent Ruquier, pour tenter de toucher tout les publics. Une stratégie qui est plus tôt intelligente et qui au fond colle bien à l’idée du représentant des citoyens et citoyennes qui peuvent aussi préférer des émissions comme « Touche pas à mon poste ». Ainsi, début septembre, on a pu voir Jean-Luc Mélenchon dans le magazine Gala, parler de sa salade de quinoa. Ce dernier confie faire une sorte de régime végétarien.
Gala.fr : Video Jean-Luc Melenchon – Les secrets de son régime.

L’ennuis est que lorsqu’il présente les ingrédients de sa recette il termine par des crevettes. Pour la sortie des protéines animales, ce n’est pas gagné. De plus, il précise bien qu’il a besoin de faire un régime minceur avant chaque campagne électorale. En effet, lors des présidentielles de 2012, Jean-Luc Mélenchon faisait souvent savoir qu’il suivait un régime pour s’assurer un bon sommeil et favoriser sa mémoire, entre autres. Et bien c’est toujours la même raison qui motive le candidat à suivre ce régime. D’ailleurs, il précise aussi deux choses. Il fait des efforts pour manger moins de protéines carnées. Et pas pour arrêter. Et de plus, c’est, je cite, « une bonne façon de militer contre la souffrance animale et contre un système de surproduction qui se fait au détriment de la viande de qualité ». Nous avons là deux indices indiscutables du welfarisme dans sa communication, c’est à dire militer « contre la souffrance animale », et non contre la mise à mort et la fin de l’exploitation. Et le deuxième indice est la viande de qualité, qui n’est autre qu’un message pour rassurer les éleveurs et bouchers. Pour finir, il faut rappeler que dans son programme, il met l’accent sur l’économie de la mer. Cette économie n’est pas uniquement axée sur les éoliennes offshores ou la culture des algues, mais bel et bien sur la pêche. D’ailleurs là encore, sa communication est très clair à ce sujet.

Je vais finalement faire cet article en plusieurs parties, car je vois que j’aurais beaucoup à dire pour faire le tour des candidats. Dans celui-ci, j’aurais pu y passer un peu plus de temps pour chercher d’autres choses concernant le candidat de la France insoumise. J’en reparlerais parce qu’il n’y a pas que des points négatifs à dire, mais là je voulais surtout répondre à l’enthousiasme un peu rapide de végés qui ne savaient pas tout à ce sujet 🙂