Du revenu sans travail

Je suis dans mon lit au moment où j’écris. C’est ma faute, je me suis couchée tard. Je ne suis pas malade, j’ai juste besoin de me reposer. Cependant, comme je l’ai souvent dit dans mes comptes-rendus et ailleurs, même si avoir de bonnes habitudes de sommeil donnent de très bons résultats sur mon niveau de motivation et d’énergie, j’ai une limite de tâches à accomplir chaque jour. Si je force sur un jour, progressivement, mon endurance s’essouffle les autres jours. Quand on prend conscience très tôt dans sa vie qu’on ne peut pas répondre aux exigences de la société dans laquelle on vit, on arrive assez vite à se poser beaucoup de questions sur soi et sur nos valeurs. Si pendant une longue période je m’en suis prise à moi-même, éduquée à me culpabiliser, et à dénigrer la paresse perçue comme un péché, j’ai progressivement changé de point de vue. Pourquoi devrais-je consommer énormément d’énergie pour vivre alors que m’amuser ou faire ce que j’aime me motive bien plus facilement ? Cette question peut paraître inconsciente voir irresponsable, et pourtant pas du tout. Je n’ai pas l’impression de consommer autant d’énergie lorsque je fais quelque chose qui me plaît, par contre, j’ai constaté que j’ai toujours eu une incapacité à subvenir à mes besoins vitaux, même par ce moyen. Je ne sais pas et ne peux psychologiquement pas exploiter ce que j’aime pour en faire une source de revenu me permettant d’assurer mon existence. Et me forcer à faire ce que je n’aime pas ou m’ennuie pour ça, c’est pire.

Mais alors, si nous pensons qu’il faut pouvoir subvenir à nos besoins en générant soi-même, par notre travail, des revenus, je suis donc condamnée à disparaître ? Travailler pour gagner de l’argent. Une idée que je ne vois pas que chez les capitalistes. Même les marxistes semblent penser que c’est ainsi que ça doit se passer. Le capital ne doit pas être séparé du travail, disent-ils. Mais, comment font les personnes qui ont un handicap les rendant inaptes à faire un travail suffisamment rémunérateur ? Comment font les personnes qui développent un burnout, ou sont frappées de dépression ? La solidarité ? Oui, mais encore faut-il qu’elle soit fonctionnelle. Vivre d’un RSA, ou d’une AAH, qui dépendent des gouvernements successifs et de leur politique et aussi des mœurs de la population en la matière ? Vivre de la publicité et alimenter un système fondé sur la vente de l’attention des gens et de leurs informations personnelles ? Mettre en place un revenu de base et devoir travailler pour voyager ? C’est déjà mieux, c’est vrai, car au moins la subsistance est assurée. Mais, qu’en est-il de l’inégalité entre les personnes ne pouvant pas vendre leurs services ou leurs créations pour obtenir ce revenu supplémentaire et celleux qui le peuvent ? Les plus valides et plus doués pour vendre leur force de travail pourront se payer des voyages, lorsque les autres devront se contenter de vivre grâce au revenu de base sans extras ? J’y vois une restriction pour les personnes qui ne peuvent pas travailler ou tirer des revenus de leur travail. Après tout, on leur offre les moyens de se loger et manger, on ne va pas leur offrir le reste qu’en-même… Et pourquoi pas ? Qui vous dit que voyager n’est pas vital pour certaines personnes ? J’ai du mal avec ces idées qui se fondent toujours sur le revenu qui doit venir d’un travail absolument.

Je ne suis pas convaincue par cette conception. Nous avons, au fil de l’Histoire, développé des moyens de réduire la main d’œuvre nécessaire à produire de la nourriture, des matériaux, construire des choses, etc… Nous avons aussi réduit le temps qu’il faut pour se déplacer, communiquer, etc… Mais, il faudrait, par je ne sais quelle incantation magique, continuer à considérer que la jouissance d’une vie plaisante nécessite de tirer des revenus d’un travail, fusse-t-il une passion. Je n’arrive pas à me décider à créer mon entreprise parce que je m’en fiche totalement. Cette démarche n’est là que pour me donner le droit légal de vendre des créations ou fournir mes services sur des projets qui me plaisent. Pas pour subvenir à mes besoins vitaux. A chaque fois que je veux dessiner, programmer, faire des vidéos, ou que sais-je, j’échoue à le faire parce que je pense à en tirer un revenu. Je ne peux pas penser de la sorte. Mais, j’ai l’obligation de me nourrir, me loger, me permettre de transitionner, etc… Alors, comment faire ? Séparer le capital du travail, et accepter que oui, j’ai le droit de tirer des revenus des fruits d’un capital sur un marché fluctuant. Et je crois sincèrement que tant qu’on aura besoin d’argent dans notre société, tout le monde devraient pouvoir bénéficier d’un tel système sans plus jamais se sentir coupable de ne pas pouvoir travailler pour vivre.

C’est pour ça que j’ai décidé d’investir et de trader les cryptomonnaies. Je ne sais pas si c’est du capitalisme, mais l’étiquette m’importe guère. La question n’est pas de savoir quel nom on donne à cela. La question est, est-ce que ça détruit des vies et l’environnement ? Si ce n’est pas le cas, que ça n’a rien à voir avec les marchés financiers classiques qui n’hésitent pas à faire s’enflammer les prix du blé ou de l’eau… La nourriture et l’eau, merde ! Et bien, tant que ça n’a rien à voir avec ça, appelez moi capitaliste si c’est la définition, ça ne me dérange pas. Personnellement, ce que je veux c’est que tout le monde en profite, et que nous nous libérions du travail pour la subsistance, et ne faisions que du travail par plaisir. C’est le consentement qui m’importe et non des idéologies de l’obligation. Je ne veux pas que ni moi, ni d’autres personnes, continuons à avoir une épée de Damoclès au-dessus de notre tête en permanence. Je veux que personne ne soit obligé d’accepter un petit boulot précaire ou brader ses compétences et son temps sous prétexte qu’il y en a qui en veulent du travail… Je veux que tout le monde puisse démissionner si nécessaire. Que tout le monde ait le pouvoir de faire pression sur celleux qui chercheraient à exploiter leur besoin d’un revenu pour vivre. Que plus personne ne puisse utiliser son argent contre celleux qui n’ont pas les mêmes moyens. Et tant d’autres choses à dire… bref ! Si nous pouvions faire pour faire, ou pour que cela serve la collectivité.

Ecrivez-moi en commentaire les points sur lesquelles vous êtes d’accords ou pas d’accords. Ce qui vous semble bancal, ou si vous avez des idées, des solutions par rapport à ce sujet. J’ai écris ce que j’avais envie d’exprimer là-dessus, mais je ne suis pas apte à décortiquer l’économie pour en parler mieux que comme-ça.

Timidouveg
A propos

Je me présente sur Internet sous les noms Timidouveg et Audrey Skye. Depuis le vendredi 2 septembre 2016, je préfère qu'on me genre au féminin car je suis une personne transgenre non-binaire féminine :) Mes activités se regroupent tous dans la qualité d'artiste, principalement numérique. Je suis à la fois développeuse de jeux-vidéo, vidéaste sur la plateforme Youtube, dessinatrice traditionnelle et militante vegan/féministe/etc... sur les réseaux sociaux. Je suis porteuse d'un handicap invisible qui perturbe mes projets, mais je fais avec et c'est pourquoi vous pouvez qu'en-même découvrir ce blog, mes jeux et ma chaîne Youtube :) J'ai un rythme plus lent que ce qu'on pourrait attendre dans ce monde prit de frénésie. C'est totalement assumé, même si il m'a fallu du temps pour ça :D Je crois avoir dit l'essentiel. Bonne découverte :)

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