La théorie du genre à l’école ?

Le 2 octobre, au retour de son voyage dans le Caucase, le pape François a dénoncé la propagande de la « théorie du genre » à l’école française. S’en est suivit le retour d’une polémique tenu entre autre par les partisans de la manif pour tous. J’ai envie de réagir à ça aujourd’hui.

L’heure est grave, de nombreuses preuves se partagent sur Internet que l’école de la république française enseigne la « théorie du genre » aux enfants. Cette « théorie du genre » qui consiste à transformer les garçons en filles et les filles en garçons. Et ce n’est pas tout, il serait question d’enseigner aussi la masturbation et l’homosexualité dés la maternelle. Non, mais vous vous rendez compte ? Oui, mais non…

La « théorie du genre » n’existe pas, comme l’a indiqué à mainte reprises à la fois la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi et surtout une grande part des chercheurs et chercheuses qui travaillent sur les questions de genre, entre autres choses. Et pour cause, on peut soit parler de concept de genre, ou soit plus généralement de plusieurs théories du genre ou même des genres. Car il ne s’agit pas là d’une théorie au sens de quelque chose qui n’aurait aucune réalité sûr quand on parle du genre. Le genre existe bel et bien, tout comme sa distinction avec le sexe biologique. Les études de genre, qui est le terme le plus sûr à l’heure actuelle si on veut parler de quelque chose en rapport à ce sujet, consistent à étudier les expressions du féminin et du masculin au travers des époques et des cultures de par le monde. Parce qu’effectivement, et c’est ce qui fait la réalité du genre, les conceptions de ce qu’est une fille ou un garçon, une femme ou un homme, varie et ont toujours variés dans l’histoire et selon les sociétés. Hors, nous sommes d’accord que la détermination biologique, à l’exception des personnes intersexes, n’a pas changé depuis des millénaires et peu importe d’où nous venons. C’est bien pour cela qu’il y a une différence entre le sexe et le genre, et qu’il existe des études scientifiques sur le sujet. Études qui soit dit en passant sont pluridisciplinaires et sont donc menées en sociologie, histoire, linguistique, médecine, architecture, philosophie, psychologie ou encore en science politique. De même, elles se font dans des pays divers comme les États-Unis d’Amérique du Nord, en France, au Danemark, au Chili, au Mexique, en Allemagne, en Inde, en Thaïlande ou encore au Kenya.

Il faut aussi bien comprendre une chose. Parler d’homosexualité lorsqu’on essaye de parler de quelque chose ayant un rapport avec le genre et plus précisément avec la transidentité, c’est une erreur. La transidentité et le genre n’ont pas de liens avec l’orientation sexuelle. D’autant que l’orientation sur le plan de l’attirance envers d’autres personnes n’est pas que sexuelle, mais peu être aussi romantique, et pas forcément en même temps. Le genre est comment l’on se perçoit par rapport au féminin et au masculin, et comme c’est influencé par la société dans laquelle vous vivez, et votre époque, mais que vous avez aussi la possibilité de ne pas adhérer plus spécialement aux mœurs de votre époque et de votre culture, rien n’interdit de ne pas y correspondre. C’est un sujet qui demande d’être décortiqué en plusieurs points pour bien le comprendre correctement. Et c’est bien pour cette raison que tout ce qui est dit sous le terme de « théorie du genre » est erroné et qu’il vaut mieux se pencher sur la réalité scientifique à ce sujet. Et c’est en réalité ceci qui intéresse les pédagogues et donc l’école.

Contrairement à ce que des personnes veulent faire croire à tout le monde, la ministre de l’éducation nationale n’a pas mentit. Ce qui est fait actuellement c’est de faire prendre connaissance aux jeunes de ce qu’on sait aujourd’hui sur le genre et nos identités. Il est aussi beaucoup plus question de tolérance par rapport à des faits tangibles, et scientifiquement soutenus. Il n’y a là aucune intention diabolique et encore moins à des fins financières ou de pouvoir. Du côté de la finance ou des empires commerciales, personne n’a semblé spécialement trouver d’intérêt à casser les stéréotypes de genre, les familles ou que sais-je. Au contraire, les publicités sont toujours aussi genrées, cisnormées, en plus d’être sexistes. Des marques de vêtements pour enfants, ou même de jouet autrefois mixtes dans leur communication comme LEGO par exemple, proposent des produits aussi genrées (LEGO Friends, rose et violet pour les filles). Bref, il semble que la théorie de la « théorie du genre » n’arrangerait vraiment personne parmi les puissants. Bon au pire, ça arrangerait bien le diable… ou les reptiliens 😉

J’aimerais bien qu’on m’explique un jour pourquoi les pensées du pape concernant les affaires publiques en France, pays laïque, qui a séparé l’Église et l’État, qui a toujours été cosmopolite, devraient avoir une quelconque valeur pour nous ? Sachant que ce « nous » ne recouvre pas que des chrétiens.

Quelques liens pour y voir clair :
– Lefigaro.fr : Le pape dénonce un manuel français de collège qui promeut la théorie du genre
– Rue89.nouvelobs.com : Au risque de radoter, la théorie du genre n’existe pas

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3 réflexions sur « La théorie du genre à l’école ? »

  1. Même les Lego, punaise :_(

    Y ayant joué plus que de raison une grande partie de ma vie, càd en tant qu’enfant, adolescent et aujourd’hui encore, ça m’a foutu un gros coup au bide quand j’ai vu cette gamme « Friends » la première fois.

    Le « genre » dans toute sa splendeur, où comment ruiner tout l’intérêt et le potentiel créatif du meilleur « jouet » du monde…

    1. Oui moi aussi, par contre, ce n’est pas très récent que quelque chose de potentiellement genré existe chez LEGO. Dans les années 90, je ne suis pas sûr si c’est à la fin ou durant, il y avait la gamme Paradisio qui semblait surfer sur le côté BCBG, mais là encore le rose et les couleurs pastelles dominaient. C’était déjà quelque chose qui laissait planer un doute sur le public cible, mais c’était encore avec des personnages classiques et surtout il appartenait à la catégorie LEGO System. Du coup, j’ai l’impression que c’était plus un thème proposé qui laissait libre d’aimer ou pas peu importe le genre. D’ailleurs, le marketing ne mettait pas en avant le type de public visé.
      Les gammes Friends et Elves par contre ont des personnages différents qui cassent encore plus la compatibilité et le marketing ne laisse aucun doute.

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