Pas de compte-rendu cette semaine

Cette semaine du 25 au 30 mars 2019 est totalement au point mort. J’ai perdu mes bonnes habitudes et me suis couchée à des heures très tardives. Résultat je suis trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. J’ai faillis oublier d’écrire ce compte-rendu, et du coup, je l’intitule « Pas de compte-rendu cette semaine ». Il faut que je parle de cette impasse qui fout ma vie en l’air depuis bien avant l’âge de devoir aller travailler. Parler de fatigues et de handicaps pour essayer d’expliquer les projets qui ne finissent jamais, qui traînent, l’absence de revenus, le fait que je n’ai pas de métier, pas de vie sociale développée, pas de logement à moi, ça m’apparaît comme une justification de plus pour ne pas parler d’un mal plus profond. Depuis l’école, je n’arrive pas à me motiver réellement sur quoi que ce soit. Je n’arrive pas à structurer mes idées et imaginer un projet solide. J’ai des idées dans tous les sens dans la tête, mais je n’ai jamais réussi à les mettre en œuvre. Tout ce que j’ai fais jusqu’à aujourd’hui ne dépasse pas le stade de brouillon ou de prototype. La raison est que je ne sais pas penser une œuvre achevée. Il y a beaucoup de flou dans ma tête. Ce n’est pas fulgurant et facile. Bien au contraire, et ça demande trop d’investissement qu’une seule personne ne peut fournir pour rendre tout ça possible.

Je ne suis pas surdouée. Je ne veux pas dire « peut-être », je préfère dire que je ne le suis pas. Être catégorique, quoi qu’on puisse prouver ou non, je m’en fous. Je ne le suis pas. Et je ne comprends pas vraiment ce que c’est d’en être. On ne peux pas appeler surdouée une personne qui perd systématiquement son attention sur tout, qui prend un temps considérable à apprendre des choses fondamentales pour réaliser ces projets concrètement. Et encore moins quelqu’un qui n’a aucune endurance au travail. Et je passe sur d’autres critères. Et puis, il n’y a pas besoin d’être surdoué pour réussir ses projets. Mais, l’ennui est que je ne peux pas non plus assurer ma subsistance. Je n’aurai jamais pu avoir des enfants à charge, car je n’arrive pas à m’occuper correctement de moi-même. Je sais que je ne suis plus dépressive, ne prenez pas ce message comme des signes de cette maladie. Par contre, il est vrai que je déprime ce soir. Alors, il y a des exagérations dans ce que je dis.

Ce soir, je vais me coucher tôt et vais me tenir à cette bonne habitude. Mais, je dois arrêter de vouloir correspondre aux injonctions ultra-violentes de cette société. J’ai rendez-vous, encore, avec un organisme lié au RSA en avril et j’ai juste envie de leur hurler « Mais vous n’avez toujours pas compris qu’il faut me foutre la paix ? Je ne veux pas participer à votre système de merde ! Parce que je ne peux pas ! ». En plus, c’est le Pôle-emploi qui est sensé s’occuper de moi, mais sans arrêt ces organismes régionales dilapident l’argent public pour faire chier les gens dont ils n’ont pas la charge. Apprenez à vous servir d’un ordinateur et d’un réseau informatique, bon sens. Je ne vais pas avoir 36 référents parce que vous ne savez pas communiquer entre organismes pour savoir qui s’occupe de qui ? Bref, je les emmerde !

Je disais qu’il faut que j’arrive à ne plus me faire du mal en me conformant à une pensée qui ne me correspond pas. Je ne suis pas développeuse de jeux-vidéo. Je ne suis pas dessinatrice. Je ne suis pas ci ou ça. Je suis une humaine sur la planète Terre. C’est cette société qui veut détourner qui je suis pour me conditionner à penser que ma vie doit être à leur service sous une étiquette. Que si on ne se définit pas par un métier, une activité, on ne serait rien. Je ne veux pas gagner ma vie. Je l’ai déjà, ma vie. On me la offerte en février de 1983. Que voulez-vous ? Me la reprendre si je ne gagne pas chaque instant passé sur cette planète ? Si je ne gagne pas ces instants, dois-je donc mourir ? La vie est donc réduite à une marchandise à acheter avec un salaire ou un revenu d’entreprise ? Je ne vous achèterai pas ma vie, parce que vous n’avez aucun droit dessus. Je sais que je suis bien contente d’avoir Internet, un ordinateur, etc… Je sais bien que dans ce cas, je devrais me contenter d’une vie très simple. Mais, à part partir dans des coins reculés du monde, où pouvons-nous vivre comme les premiers humains ?

Ce n’est pas que je veuille me passer de ce que je bénéficie. Je ne supporte tout simplement pas de toujours tout ramener à une source de revenu. J’aimerai me concentrer sereinement sur une activité par envie, sans penser à rien d’autres. Ne pas devoir tout transformer en argent, et ne pas non plus à avoir à penser à un travail alimentaire. Parce que je ne peux pas le faire, et que les aides sont trop maigres pour que ça en vaut la peine. Et puis, je ne suis pas assez compétente pour réaliser ces projets. Demiurge, The fantastic labyrinth, mon projet zététique sur le véganisme, etc… sont des choses qui me dépassent et me fatiguent. Je n’ai plus envie d’y travailler. Tous mes projets ont été gâchés par cette mentalité de la course au revenu obligatoire et des injonctions des organismes qui surveillent que je ne vole pas l’argent de leurs maîtres en profitant des aides.

Désolée, je ne voulais pas dire autant de choses et râler encore contre ce système qui m’angoisse et me fait me sentir minable. Je vous annonce que je ne veux plus travailler sur mon projet zététique. Je ne veux plus m’obliger à développer un jeu-vidéo. Je ne veux plus me sentir obliger de montrer des dessins. Je ne veux plus galérer à comprendre comment créer une entreprise pour rendre légale ma boutique. Je n’ai pas envie de faire tout ça dans ces conditions. Je ne veux pas travailler sur la communication et me demander ce que je peux exprimer ou non pour que je puisse vous donner envie de m’acheter quelque chose ou de me faire un don. Je m’en fiche de tout ça. Je ne sais pas planifier un projet, et je ne veux plus parler de projet. Ce mot m’angoisse et me bloque. Je ne veux même plus noter chaque chose que je fais chaque jour pour vous faire ces comptes-rendus. J’ai l’impression de me surveiller moi-même pour voir si j’ai bien fait le travail et si je mérite quelques secondes de vie en plus sur cette Terre. Je ne suis pas suicidaire, je ne parle pas de ça, je critique un système, une mentalité.

Tu fais quoi dans la vie ? C’est important pour savoir si tu peux me respecter ou non, et si je suis assez intéressante pour toi ou non ? J’ai fais une licence en informatique et on m’a proposé le master. Dans le monde du travail, je serais cadre et donc payée confortablement. Mais, toutes ces promesses ne m’ont jamais motivées. Si j’investis et trades les cryptos ce n’est même pas pour me sentir supérieure à quiconque. Je m’en fous. C’est pour ne plus avoir à penser que ma vie doit être achetée à chaque instant. Et au passage, si je pouvais générer de quoi aider les autres à sortir de ces injonctions perpétuelles, je serai si heureuse et fière. A défaut d’abolir l’argent. Oui, je suis une idéaliste. J’ai essayé d’être autrement, mais je n’y arrive pas. Je ne fonctionne pas comme-ça.

Je veux juste me sentir libre. Libre de faire ou pas. Quand je veux, où je veux, comme je veux. Aller me coucher le soir sans me demander si j’en ai assez fait pour mériter le repos et ne pas avoir peur de constater une fois de plus que je n’ai pas gagné un rond pour m’acheter ces instants de vie que la société croit détenir. Je ne veux pas que mes réalisations dans la vie ne se limitent qu’à avoir su investir et trader pour constituer une rente. J’avais d’autres ambitions. Mais, j’ai 36 ans, et j’ai l’impression de n’avoir rien réalisé. Même pas partir de chez mes parents. Même pas avoir la joie de ne plus entendre qu’on m’appelle par mon nom de naissance et le pronom qui ne me correspond pas. Je devais créer mon entreprise ce semestre, et je ne sais pas si je le ferai. Ce blog n’évolue pas beaucoup, et est plus tôt moche. J’en ai conscience vous savez. Je n’ai pas des goûts de chiotte, c’est juste que je ne sais pas comment faire et ne sais pas à qui demander pour m’aider à faire un truc potable. Et puis, je n’arrive pas à me motiver à travailler assez dur pour faire quelque chose de bien.

Bref voilà. Il n’y a rien de constructif dans ce que j’ai dis, mais quoi que je fasse ça ne donne rien de sérieux sur le long terme. Peut-être parce que j’ai sans arrêt l’impression que le temps presse. Je ne sais pas pourquoi je vous écris tout ça, parce que je n’attends rien de vous. Je ne suis pas à la hauteur de mes ambitions, voilà tout. Je ne sais pas accepter de laisser tomber parce que je dois me justifier auprès de ceux qui versent le RSA et aussi auprès de mes parents, et ça me rend malade. Mais je n’ai plus le choix, donc je laisse tomber.

Timidouveg
A propos

Je me présente sur Internet sous les noms Timidouveg et Audrey Skye. Depuis le vendredi 2 septembre 2016, je préfère qu'on me genre au féminin car je suis une personne transgenre non-binaire féminine :) Mes activités se regroupent tous dans la qualité d'artiste, principalement numérique. Je suis à la fois développeuse de jeux-vidéo, vidéaste sur la plateforme Youtube, dessinatrice traditionnelle et militante vegan/féministe/etc... sur les réseaux sociaux. Je suis porteuse d'un handicap invisible qui perturbe mes projets, mais je fais avec et c'est pourquoi vous pouvez qu'en-même découvrir ce blog, mes jeux et ma chaîne Youtube :) J'ai un rythme plus lent que ce qu'on pourrait attendre dans ce monde prit de frénésie. C'est totalement assumé, même si il m'a fallu du temps pour ça :D Je crois avoir dit l'essentiel. Bonne découverte :)

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