Seule face au devoir d’autonomie

Je vais vous parler un peu d’un gros problème qui pourri mes journée, et même ma vie à vrai dire, aujourd’hui. Avant ça, une petite précision concernant le compte-rendu de cette semaine du 13 au 19 novembre 2017. Je l’écrirai et le publierai lundi pour me laisser un peu avancer sur ce que j’ai fais cette semaine et aussi parce que je ne suis pas disposée à faire ça aujourd’hui. Aussi, je vais revenir à l’habitude de faire ça le samedi et me laisser le dimanche de repos et de légèreté 🙂

Enfin bref, ce que j’ai dis là est dans le sujet de cette article à vrai dire. Je suis incapable, ces derniers temps, de me coucher à une heure correcte par rapport à mes besoins physiologiques. Je vais essayer d’identifier précisément les facteurs qui sont à l’origine de ce problème et aussi rendre compte des conséquences. Ce que je ressens depuis quelques jours, c’est une très très grande fatigue physique et mentale. Actuellement, je vous écris en direct de mon lit, parce que la position assise est trop pénible et debout c’est pire. Je ressens régulièrement un très gros besoin de dormir à n’importe quelle heure de la journée. Je me lève très tard, en début et même milieu d’après-midi, complètement décalée et à peine j’ai mangé que je dois me recoucher.

Autant vous dire que mes jeux, mes dessins, mes vidéos, écrire ici, etc… ne sont plus que des tâches infaisables, comme-ci il fallait être des centaines dessus pour les faire. J’en suis à oublier des trucs, à ne même plus comprendre aussi bien qu’avant ce que je lis, ou ce qu’on me dit. D’ailleurs, je n’aime plus trop qu’on me parle, ça me rend agressive tellement je somnole ou que je suis perdu dans mes pensées. Je sens au fond de moi l’envie de créer mes jeux, faire des dessins, faire ou finir des vidéos en cours, etc… mais c’est comme une envie lointaine, perdu dans un océan de pensées sans actions possibles et de fatigue. J’ai juste besoin de vraiment dormir. Pas un sommeil pourri non-réparateur.

Ce qui se passe c’est que le soir, je n’arrive pas à décrocher d’Internet. Je regarde n’importe quoi sur Youtube, j’attends la prochaine notification sur Twitter et c’est à peu près tout. Quand je me mets qu’en-même sur un travail, par exemple en ce moment c’est le montage d’une vidéo sur mon Inktober. Et bien, j’ai du mal à me concentrer dessus sans être parasitée par des pensées tous azimuts et une impression de manque d’énergie important. Mais je reste devant Internet jusqu’à 1h30, 2h00, et hier soir 3h00 du matin. Et ce que je regarde m’ennuie en plus. Je n’ai même pas envie de regarder passivement des trucs. Je ne comprends même pas pourquoi je fais ça. Alors je me dis, bon aller va te coucher maintenant. Et c’est à ce moment que je sens ce qui se passe en moi.

Je ressens l’impression que se coucher c’est perdre son temps. Que c’est ennuyeux, et j’appréhende un manque très désagréable. L’impression que je vais m’ennuyer plus encore et que ça se ressentira comme une douleur dans mon être. La peur de se coucher et de ne rien faire. Je crains le coucher. Pourtant là, je suis au lit et ça me soulage, mais alors que j’aurais du faire un gros dodo ou au moins une sieste, et bien non, j’ai regardé Internet encore et encore. Parce que je n’arrive pas à accepter de dormir et donc de ne pas profiter du temps que j’ai dans ma vie pour faire quelque chose et finir ce que j’ai commencer. Et finalement, ce n’est pas la peur de dormir que j’ai. J’ai peur de ne pas avoir assez vécu et de mourir sans avoir réussi quoi que ce soit.

Je vis chez mes parents, et j’ai 34 ans. je voulais partir depuis très longtemps et j’ai toujours échoué à le faire. Les problèmes de logement en France et mon incapacité à accepter un emploi me rendent incapable de partir. Ma vie se résume à une chambre et Internet. Je ne peux même pas transitionner pour vivre mon identité féminine sereinement et je dois cacher ma transidentité. J’ai du mal à donner des détails sur ma vie réelle, parce que ça a tendance à nourrir mes tendances dépressives et chatouiller l’ombre du suicide. J’ai certes un attachement à la vie importante, comme disait le psychiatre que je voyais, une grande force intérieure. Mais, être face à la réalité de ma vie qui file devant moi sans jamais réussir à dépasser suffisamment cet état de spectatrice impuissante me fais apercevoir pas très loin le désespoir accompagné de la grande faucheuse. Je devrais en faire un dessin.

Du coup, devant mon impuissance, l’énergie qu’il faut consommer pour sortir de ma situation et l’absence de ressources psychologique pour le faire, je n’ai plus que l’addiction à Internet. C’est un peu mon alcool ou ma drogue. Ce truc qui pendant ce temps là m’évite de trop penser à ça. Parce que j’ai essayé d’échafauder des plans, des stratégies, mais aujourd’hui, j’en suis toujours au même point. La vérité est que je suis incapable seule de me sortir de ma situation. Il va falloir que quelqu’un se dévoue à venir me chercher et arrêter de tenir ce discours habituel laissant croire qu’on peut se tirer de sa situation seule. C’est peut-être vrai pour des gens, mais pas pour tout le monde. Il y a des gens qui seront sûrement toujours dépendantxs des autres. Il faut s’y faire. Pourquoi tant de gens boivent, ou fument des pétards, ou passent leur temps dans le virtuel ? Pourquoi il y a toujours plus de pauvres (en plus des conditions politiques lamentables) qui ne montent pas socialement ? Pourquoi les sectes font toujours autant fortune ou voient leur nombre d’adeptes augmenter ? Vivre séparéxs les un des autres, attendant que chacunx se démerde seulx. Alors même qu’il est si facile aujourd’hui d’avoir de la télé, de l’Internet, de la pub, de la malbouffe, de l’alcool, etc… à disposition pour s’enfoncer et aggraver notre cas. Et en plus on croit presque touxs que nous choisissons librement et que donc nous sommes forcément responsable de notre situation. Tout ça est faux.

Bref, je devrais me coucher plus tôt et limiter ma consommation d’Internet. Mais, devoir c’est une chose, ce qui m’aiderait ce serait de pouvoir. Est-ce que je peux ? Seulement si le b.a.ba des besoins psychologiques sont satisfaits. Et ce n’est pas la cas. Je voudrais tant finir cet article en disant, aller je vais encore me relever et je finirai par me coucher tôt, je vais limiter vraiment Internet dans ma vie et ça ira mieux. Mais, même si je vais sûrement le (re)faire encore et encore, je vais aussi m’effondrer et tenter de ne pas craquer de ma solitude et mon incapacité à trouver un lieu pour vivre ma vraie vie, encore et encore. Et réécrire un jour la même chose, attendant vainement que quelqu’un me propose une coloc sympa à très bas loyer pour une RSAiste ou même un lieu marginal. Et de préférence safe pour une femme transgenre lesbienne et gauchiste. Et vegan parce que ce n’est pas un caprice, mais une nécessité psychologique. Au risque de tomber un jour sur un prédateur et ou une communauté malveillante qui profitera de ma faiblesse pour le bien du gourou. Et malgré mon scepticisme, ma rationalité et mon athéisme, je ne verrai pas le piège et tomberai dedans. Faute d’aide.

Je parle de moi là, mais en vrai, ce que je décris, et la critique implicite de la société que j’expose, concerne presque tout le monde. C’est pour ça aussi qu’on peine à se tendre la main. Moi aussi j’aimerais tendre la main à d’autres qui en ont autant besoin que moi. C’est un système de souffrance qui tourne sur lui-même. L’ouroboros d’une société déconnectée. C’est paradoxal pour une société avec Internet. Je vis dans le paradoxe, parce que je suis accro à Internet, donc à quelque chose qui connecte, parce que je ne peux plus me connecter à ma vie réelle. En fait, c’est surtout logique. Je cherche dans le virtuel ce que je n’ai pas dans le réel. Combien sommes-nous dans ce cas là ? Toi qui me lis, tu t’y retrouve n’est-ce pas ? C’est aussi pour ça que des couples se forment et cassent trop vite, ou se maintiennent dans la douleur. Parce qu’au fond, il vaut mieux ça que d’être seulx. Il vaut mieux ça que de galérer seulx à se trouver un logement stable ou à le payer. Et pareil pour les amis. Combien ont des relations amicales malsaines ? Pourtant, alors que d’autres nous auront dit qu’il fallait arrêter d’être maltraitéx et bien on ne rompt pas. On ne s’attache pas seulement aux personnes, mais aussi à des bons moments qu’on aimerait reproduire, mais qui ne le peuvent pas toujours. Parce que quand ça va ou allait bien, ce n’était pas comme maintenant. Alors pour d’autres, il y a une divinité ou une communauté pour remplacer ce qui manque. La même chose, encore.

Il y a tellement de connexions à faire sur presque tout les sujets de la société quand on parle de la frustration humaine vis à vis de sa propre vie. Mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. en espérant encore… Espérant encore… Espérer… que quelque chose me semble vraiment possible pour changer mon environnement et enfin me sentir bien dans MA vie.

2 réflexions au sujet de « Seule face au devoir d’autonomie »

  1. Comme je te comprend! Je sais à quel point ces périodes sont difficiles et qu’on a l’impression qu’on n’en sortira jamais… courage à toi. Si ça peut t aider, voilà ce qui m’aide perso. Pour la motivation/fatigue mentale et physique : prendre du fer et mélange d’huiles essentielles Ravintsara/Laurier Noble/Basilic Sacré. Antidéprime/besoin de calin/cogitage/aide au dodo : petit grain bigarade/orange douce, mandarine jaune.
    Des bisous. Noita.

    1. Merci pour ton message 🙂
      Je regarderais sur Internet ces huiles essentielles pour voir si ça peut me convenir. Je sais que je suis sensible aux odeurs et que certaines huiles vaporisées ou qui se dégagent de la peau de quelqu’un provoque des réactions dans mon cerveau. Donc pourquoi pas ? 🙂
      Bisous Noita 🙂

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