Taper du vegan…

Cet article est le premier de ce blog qui entre dans la catégorie « Mes sentiments face au monde ». Dans ce genre d’article, je souhaite partager ce que je ressens face à des choses que je lis, vois, entends sur Internet ou ailleurs, mais toujours avec bienveillance et calme. Et aujourd’hui, le premier article va parler d’une chose qui me choque quand les gens parlent des vegans.

Hier, sur Youtube, Didi Chandouidoui, un vidéaste déjà bien connu et comptabilisant plus de 600 000 abonné.e.s, a publié une vidéo intitulée « COUP DE GUEULE VEGAN ». Dans cette vidéo, Didi, lui-même vegan, répond personnellement aux attaques qu’il a reçu de personnes se revendiquant du veganisme mais ayant des conceptions, ou en tout cas, des propos problématiques. Ce que dénonce Didi est une réalité qui existe depuis très longtemps au sein du mouvement vegan, mais aussi dans de nombreux autres mouvements, ou encore des religions, des partis politiques, etc… Ce problème est celui des coups de sang, des réactions émotionnelles incontrôlées, des exagérations, des argumentations mal maîtrisées, et pire encore, d’une forme d’obscurantisme, de dogmatisme ou de fanatisme. Ce phénomène nuit en effet au veganisme comme à toutes les causes qui en sont l’objet, et en plus de cela, lorsque vous êtes la cible d’attaques de personnes qui ont ce comportement, vous vous sentez blessé.e, découragé.e et pouvez même douter de votre propre choix si vous appartenez au mouvement en question, ou à détester ce dernier quand vous en êtes extérieur.e.

Si je partage depuis longtemps ce désarroi face à ces comportements délétères, je me sens tout de même blessée par certaines choses dans sa vidéo. Quand on la regarde, on entend bien que Didi tente de désamorcer les amalgames entre veganisme et comportements agressifs et dogmatiques. Pourtant, quelque chose ressort qui, je le crains, me semble contribuer au climat délétère autour et au sein du mouvement.

Sur la forme pour commencer, ou plus dans le format de la vidéo. Le format, dans le style de Didi, commence par une approche ironique, humoristique, du problème. Si cela peut avoir pour but de détendre un peu l’atmosphère vis à vis des personnes concernées par la vidéo, puisqu’elle a pour fonction de répondre directement aux personnes qui ont ce comportements et mentalités problématiques dans le veganisme et plus précisément aux attaques qu’il a reçu. Cet ironie prend tout de même un ton très moqueur et finalement suscite plutôt l’envie de se braquer et donc de ne pas se remettre en question. C’est bien dommage finalement, puisque nous aurions bien besoin de convertir ces comportements malsains en quelque chose de plus sain pour éviter la division et augmenter nos forces pour mieux convaincre.

Sur le fond, il y a cette expression « les vegans » utilisé systématiquement de façon généralisatrice et avec des conceptions négatives. C’est quelque chose que je vois beaucoup sur Internet et ailleurs. Ainsi, on peut entendre dans la vidéo des choses comme « Si vous mangez de la viande, aux yeux du vegan, vous êtes de la grosse merde ». Ici, c’est plus tôt pour ridiculiser les amalgames et les préjugés envers les vegans, tout en répondant toujours à l’incohérence de certain.e.s militant.e.s. Pourtant même si le caractère ironique est souligné par l’auteur, les commentaires témoignent de la persistance de ces préjugés et une sorte de confirmations, plus tôt que le contraire. Ce qui me choque dans les propos tenu ça et là sur le web concernant les vegans, c’est cette façon d’attaquer les personnes en les affublant d’une étiquette. Parfois le mot vegan suffit à être assimilé à une insulte, et d’autres fois on ajoute le terme « radicaux » ou « extrémistes ». Si les comportements délétères dénoncés ici sont extrêmes, il y a tout de même un grand pas à faire pour faire des personnes concernées des extrémistes. Ainsi, c’est le même genre de pas que l’on fait de nos jours envers les musulmans, en raison de l’actualité géopolitique et sociale. Et si ce genre de parallèle dérange, c’est pourtant bien ainsi qu’il est ressenti par des vegans, n’ayant pourtant rien à voir avec le problème cité au départ, dans leur vie quotidienne ou sur le terrain.

Ce qui me dérange dans cette vidéo, mais aussi la plupart du temps, c’est finalement à la fois la stigmatisation des vegans dont on oublie facilement qu’ils et elles sont des personnes. En tant que telle, une personne a ses raisons de s’énerver, d’exagérer, se tromper. Le sujet du veganisme est de vivre en respectant l’idée de cesser l’exploitation animale et de ne plus renier leurs droits fondamentaux dans la mesure ou nous nous sommes arrogés ces mêmes droits. Et puis, la majorité du temps, on devient vegan parce qu’on est une personne sensible, voir très sensible. Forcément, comment réagit on lorsqu’on chatouille un peu trop fort ou qu’on renie l’idée d’un changement nécessaire face à quelque chose qui nous semble intolérable ? Rarement avec une envie de faire des câlins. Mais, comme nous, humain.e.s, ne sommes pas parfait.e.s, nous avons aussi nos débordements. Donc sans excuser, voir justifier, des comportements et discours délétères, on peut au moins tenter de faire la part des choses, prendre du recule sur tout ça et réfléchir à de meilleurs réponses envers certaines personnes qui dérapent. Au moins pour ne pas d’une certaine façon, participer à cette mode du tabassage de vegan en règle.

Il y a une idée prononcée deux fois dans la vidéo, c’est que chacun mangent ce qu’il veut dans son assiette, ou fait ce qu’il veut. Je ne suis pas d’accord avec ça. Objectivement, on peut dire que oui, mais dans une certaine mesure seulement. Hors, nous ne vivons pas dans l’extrême, et je trouve cette idée aussi extrême que l’idée que l’être humain serait herbivore (ce qui n’est pas le cas). Mais, j’ai envie d’en parler dans un autre article, car celui-ci est déjà trop long 🙂

En écrivant cet article, j’ai revisionné la vidéo de Didi et me suis rendu compte que l’humour qui s’y trouvait passait mieux. Il faut préciser que la vidéo d’Absol en réponse à ce qu’il qualifie lui-même de « vegans radicaux », et favorisant plus encore la tendance à « taper du vegan », est encore frais dans ma tête. Ça me confirme que tout est question de moment, de contexte, de vécu quand il s’agit de percevoir un message. C’est pour ça que j’ai eu envie de proposer un point de vue différent sur ce sujet, en essayant de prendre les réactions de chacun.e en compte en fonction des émotions, des raisons qui nous est propre. Je trouve que c’est important pour cultiver la paix.

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3 réflexions sur « Taper du vegan… »

  1. Article dont la pertinence me parle.

    Il est avéré que le mouvement végane est pollué par la question de ses intégristes, un peu à la manière

    Faire preuve d’esprit critique tout en sachant rester maître de ses émotions est un exercice difficile.

    C’est quelque chose qui s’apprend, mais qui demande au moins autant d’investissement que le véganisme en lui même, si ce n’est plus.

    Nous pourrions en reparler à l’occasion. En tout cas, bravo pour votre travail Timidouveg, j’ai le plaisir de vous annoncer ma modeste personne comme nouveau lecteur 😉

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